Frissonnant éventail

Voici un sublime poème de Stéphane Mallarmé. Même si vous n’êtes pas intéressé par la poésie, vous ne pourrez qu’être touché par le pouvoir d’évocation de l’Autre Eventail de Mademoiselle Mallarmé :

Ô rêveuse, pour que je plonge
Au pur délice sans chemin,
Sache, par un subtil mensonge,
Garder mon aile dans ta main.

Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L’horizon délicatement.

Vertige ! voici que frissonne
L’espace comme un grand baiser
Qui, fou de naître pour personne,
Ne peut jaillir ni s’apaiser.

Sens-tu le paradis farouche
Ainsi qu’un rire enseveli
Se couler du coin de ta bouche
Au fond de l’unanime pli !

Le sceptre des rivages roses
Stagnants sur les soirs d’or, ce l’est,
Ce blanc vol fermé que tu poses
Contre le feu d’un bracelet.

Je vous épargne un commentaire composé ; cependant, voici quelques éléments pour mieux le comprendre et l’apprécier. L’éventail s’adresse ici à la jeune fille. Est décrite une cérémonie intime, une plongée dans l’absolu mais aussi une certaine sensualité, rendues ici sensible par la séduction de ces vers. Enfin, chaque strophe est une phrase, un déploiement… d’éventail. Ce poème est donc métapoétique. Beau.

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