A thing of beauty

Bright Star, un film de Jane Campion. Sorti le 6 janvier, actuellement au cinéma.

Tel est ce superbe film : une chose de beauté. Le poète romantique John Keats, dont l’histoire est ici évoquée, disait que c’est une joie pour toujours. Il y a en effet un certain émerveillement à se rappeler les très belles images d’un long-métrage qui met en exergue toutes les nuances de la passion amoureuse, grâce aux ressources du cinéma mais aussi de la poésie. De fait, des nombreux vers de Keats parsèment le déroulement de cette histoire d’amour entre le poète et sa voisine, Fanny Brawne, amour rendu impossible à cause d’une différence de richesse d’abord, puis d’une maladie du jeune homme.

Si la mise en scène n’échappe pas aux clichés – la tentative de suicide quand Fanny pense être séparée de John, par exemple -, elle trouve un équilibre en s’appuyant sur les faits biographiques tout en imaginant librement mille symboles d’une telle passion. Par exemple, l’obstacle qui sépare les deux jeunes gens est développé diversement : ils mettent leur lit de chaque côté d’un même mur, se regardent à travers des vitres, marchent à quelque distance.

Les images sont de toute beauté, faisant varier la lumière dans de subtils clair-obscurs dont certains – femmes cousant à une fenêtre – rappellent vraiment des toiles de Vermeer. Tout autant que les plans faisant défiler les saisons, les costumes sont ravissants, mettant aussi en parallèle l’harmonieuse minutie avec laquelle Fanny brode et celle dont use Keats pour écrire ses poèmes.

Dans l’amour de Keats, le romantisme s’inspire des clichés pétrarquistes mais trouve aussi une véritable originalité qui n’exclut pas un respect réel pour sa bien-aimée, délicatesse qu’incarne avec talent Ben Whishaw – tout autant qu’Abbie Cornish, même si d’aucuns pourraient les trouver un peu fades. A leur amour on pourra opposer le personnage de Brown, ami de Keats, dont la vie amoureuse est un peu moins platonique et surtout moins respectueuse.

Malgré quelques longueurs à la fin, on goûtera avec émerveillement cette histoire qui n’est pas sans évoquer les romans de Jane Austen, qui se situent dans l’Angleterre de la même époque – les années 1810. Un très beau moment.

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