De l’ombre à la lumière

Un film de Ron Howard (2005)

L’Amérique des années 30, juste après la crise boursière. Jim Braddock (Russell Crowe), autrefois boxeur prometteur, a dû abandonner la compétition après une série de défaites. Il travaille sur les quais – quand on l’accepte -, afin de faire vivre sa femme Mae (Renée Zellweger) et ses enfants, qu’il aime tendrement.
Un jour, son ancien entraîneur lui propose dans l’urgence de combattre le deuxième champion mondial. A la surprise générale, Jim Braddock gagne au troisième round… En dépit de son poids moindre que celui de ses adversaires, de son âge et et de ses blessures récurentes à la main, il accumule les victoires. Ses proches et les plus démunis croient en lui, notamment lorsqu’il s’apprête à combattre Max Baer, le champion du monde qui a déjà tué deux hommes au combat…

C’est bien sûr un certain hymne au rêve américain, à la « seconde chance », que Ron Howard met ici en scène avec l’histoire du véritable James J. Braddock, champion mondial de boxe professionnelle de 1935 à 1937.
On trouve alors une teinte légèrement idéalisée au film, soulignant le caractère « conte de fées » de l’histoire de celui qu’on appelle « Cinderella man » – le Cendrillon de la boxe, c’est le nom du titre original. La très belle photographie, la mise en scène soignée du contexte historique et la sobriété participent à cette dimension, tout autant que l’aspect mélodramatique assez intense – personnellement j’ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux, alors que je ne pleure quasiment jamais en regardant des films.

En effet, l’alternance entre les scènes de boxe et celles où Braddock retrouve sa femme et ses charmants enfants en fait quelqu’un de très humain. Surtout avec l’interprétation de Russell Crowe qui véritablement crève l’écran, et de Renée Zellweger (j’ai été déçue de comprendre que c’était la même actrice que celle du trivial Journal de Bridget Jones !) Le rôle d’épouse n’est pas pour autant idéalisé, puisque la jeune femme accepte bien difficilement que son époux combatte un « tueur de ring ».

L’ensemble reste très équilibré, notamment le rythme qui ne laisse pas de place au longueurs grâce à son intensité. L’aspect mélo est en particulier tempéré par des répliques pleines d’humour – comme celles de l’entraîneur (Paul Giamatti).
Au-delà de l’espoir idéal mis en scène par les différents personnages, l’ensemble reste touchant de vérité, par exemple lors de la scène où Braddock, endetté et sans le sou, vient mendier avec simplicité auprès de ses anciens promoteurs.
Un long-métrage à ne pas concevoir comme un énième film sur la boxe – après Million Dollar Baby – mais comme une ode à la joie du courage et de l’humilité, en temps de crise. Superbe.

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