Appétit de vivre

Je me suis aperçue que certaines personnes profitent de la vie avec plus ou moins d’appétit, d’intérêt, d’investissement, de curiosité, de petits plaisirs, de joie. C’est un certain état d’esprit qui se rapproche de la joie d’exister et d’en tirer le plus de bonheur, à la mesure de notre propre vie. Certains plaisirs sont payants, d’autres gratuits. Je me suis amusée à en recenser quelques-uns.

Parmi les plaisirs un peu coûteux, nous trouvons aller à un concert (de baroque bien sûr), manger une glace chocolat-pistache sur une terrasse de café, offrir des cadeaux inutiles (liés à des souvenirs communs par exemple), faire du canoë sur un lac en Haute-Loire, faire de la broderie ou du tennis, jouer de la harpe celtique, organiser des anniversaires-surprise, aller en soirée dansante, voyager en Espagne, faire de l’enluminure, faire une charmante déco pour son séjour, préparer des crèmes brûlées pour ses amis, faire les magasins, fonder une revue spécialisée, manger des bonbons le soir.

D’autres, plus gratuits, peuvent être ceux d’aller regarder la Voie lactée les nuits d’été, être curieux de tout, de l’actualité, faire des jeux de société (les échecs, bien sûr), manger dehors le plus souvent possible et dès que le printemps pointe son nez, discuter avec la caissière, chanter en faisant la vaisselle, se baigner dans des rivières, prendre l’apéritif même en semaine, sourire au chauffeur de bus, donner des prénoms aux objets de la maison (Hugo le frigo, Estelle la pelle…), etc, etc.
Si vous avez d’autres idées, je suis preneuse !

L’appétit de vivre peut consister en une certaine jeunesse d’esprit, prête à s’amuser de riens et à s’émerveiller de tout. A saisir chaque occasion de se faire plaisir mais également de faire plaisir aux autres. Et non seulement en période de vacances, mais aussi dans les tâches quotidiennes et routinières.
La question serait : pourquoi certaines personnes sont-elles plus blasées que d’autres ?
Et jusqu’où peut aller cet appétit de vivre ?
Voilà. Graves questions, n’est-ce pas ?

Post Scriptum : je voulais ajouter que ces activités ont pour carcatéristique commune de n’avoir souvent d’autre but qu’elles-mêmes, ou tout au moins d’échapper à une perspective utilitaire et technique. Par ailleurs, elles s’arrêtent là où ce plaisir devient pur hédonisme, et peut mener l’homme à négliger ses autres devoirs.

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7 réflexions sur “Appétit de vivre

  1. Dans les plaisirs qui coûtent (de l’argent, évidemment !), on peut ajouter l’achat de livres, plaisir auquel je suis confronté assez régulièrement… et auquel se lie (lit ?) forcément un petit sacrifice… mais le plaisir est peut-être plus grand qu’il a coûté un peu (par exemple, le plaisir de manger une glace est plus grand quand on a très chaud, que quand on se balade dans le vent du nord…) Après l’effort, le réconfort, dit-on. Mais comme tu dis, il faudrait trouver en l’effort même un plaisir… etc, etc…

    Sinon, il faudrait distinguer plaisirs nécessaires, et plaisirs non nécessaires… je plaisante.

    Sinon (bis), on peut transformer le plaisir coûteux du canoë sur lac en Haute-Loire en plaisir gratuit sur un lac du Morvan, avec de vieux canoë de familles (risque d’écopage cependant).

    Sinon (ter), j’avoue que pour moi manger dehors n’est pas trop un plaisir, pour plusieurs raisons:
    1) d’abord il y a toujours (très souvent en tout cas) une petite brise légère qui refroidit. Et d’un.
    2) les guêpes et autres bestioles finissent toujours (très souvent en tout cas) par s’inviter. C’est fort désagréable. Et de deux.
    3) des « choses » non identifiées atterrissent toujours (toujours) dans les assiettes : pollen, micro feuilles… Et de trois.
    4) C’est trop vaste, et la nature devient trop présente, ce qui nous empêche de savourer, de nous concentrer sur le repas. Et d’une moitié de quatre (car c’est pas trop convaincant).
    5) Pas de cinq.

    Pour le reste, mis à part le fait de donner des prénoms aux choses (libre à toi d’être nominaliste, cependant), je suis assez d’accord.

  2. Merci pour tes idéesTélémaque ! Tes arguments concernant la consommation de repas dans une zone non intérieure sont recevables. Mais il y a sans doute de l’irrationnel à certaines de nos envies. 🙂

  3. Désolée de pourrir l’ambiance parmi les mangeurs de glace, mais il y a pour moi un plaisir qui ne coûte rien financièrement, mais parfois beaucoup intellectuellement, et que des (ex-)khâgneux comme vous doivent connaître : celui de rendre un bon travail, après des heures, des jours, des semaines de labeur, et de savoir qu’on a joué son rôle de la meilleure façon possible.

    Bon, et le nutella. OK.

  4. C’est vrai, Marion, la satisfaction du travail bien fait ! Mais c’est un plaisir qui coûte quand même beaucoup, même si ce n’est pas en termes financiers. Et puis parfois, le travail n’est pas forcément « bon », d’où le gros déplaisir qui s’ensuit (à la taille du travail investi). Il y a un risque. Alors qu’en mangeant une glace, on dépense quelques euros, mais on est sûr du résultat (à condition, évidemment, de ne pas aller chez le premier glacier venu).

    Cela dit, le plaisir de la satisfaction intellectuelle reste quand même bien plus profond !

  5. Tu as raison chère Marion de mentionner le plaisir de rendre un travail, et même de recevoir de bonnes notes ! Pour tout te dire, les profs nous ont rendu cette semaine les concours blancs, et j’ai progressé par rapport au dernier CB, c’est super ! De ce fait je suis tellement de bonne humeur que la prof de lettres m’a dit : « On dirait que vous êtes en forme ! Quel est votre secret ? Des infusions ? » Et j’avoue que j’ai répété stupidement ce que me chuchotait ma non moins stupide voisine (pardon M-E 😉 ) : « De la drogue. » Après tout, le travail peut être une drogue (Bon ce n’est pas trop mon cas cependant. 😀 )

  6. Ah, le plaisir de rendre son travail et celui d’avoir une bonne note sont deux choses très différentes! Exemple : là, je viens de finir un devoir sur table (nom idiot, le jour où on aura le droit de bosser allongé dans le gazon, on me prévient…), je sens en moi le bonheur du devoir accompli. J’ai révisé, j’ai analysé, j’ai réfléchi et en bonus je pense avoir réussi à faire une véritable introduction de qualité, pour une fois. Maintenant, si j’ai une bonne note, ce sera autre chose, et la bonne élève que tu es (félicitations pour le CB) connaît cette sensation : reconnaissance de la cummunauté intellectuelle à travers l’appréciation du professeur, sentiment de progression, et plaisir légèrement narcissique mais délicieux de se sentir au dessus de la masse.
    Bref, plane bien avec tes résultats, ça vaut le coup ! (Et si tu pouvais m’envoyer quelques bonnes ondes…non?)

  7. Ma stupidité te remercie de m’avoir citée ^^ J’en suis très fière ! Si vous voulez, je peux animer vos baptêmes, mariages, communions, bar-mithzva (je ne sais comment cela s’écrit)… avec plaisir ! De plus vous soulagerez Imelda qui est vraiment fatiguée d’être avec moi en latin. Bah oui, comme je ne comprends rien…je l’embête !!!! Eh eh eh :p

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