Penser la peluche

Ou comment se recontrèrent le monde des nounours et celui de la philosophie spéculative.

Qu’elles soient ours ou lapins, les peluches n’ont cessé de susciter des questions existentielles. En effet, ces animaux recouverts de peluche (une étoffe à longs poils soyeux et brillants) sont souvent très étranges. Qui peut avoir l’idée d’un éléphant rose ? D’un lapin habillé d’une salopette orange ? D’un souris plus grande que nature ? D’un ours qui semble non seulement inoffensif, mais gentil ? Voilà qui laisse plus que perplexe.
Plus encore, qu’est-ce qui fait qu’une peluche semble presque obligatoirement mignonne, sinon « craquante » ? (exemple ci-dessous)

Qui, quand, où, pourquoi, comment, chez qui et jusqu’où la peluche ?
Nous nous bornerons à essayer de répondre au problème suivant : à quoi servent les peluches ?

Le mot vient du verbe en ancien français peluchier (« éplucher », « nettoyer des poils embrouillés »). On retrouve alors dans cet objet le désir de lisser un monde embrouillé, de faire de réalités âpres des mondes doux et caressants.
Nous avons remarqué que les animaux en peluche sont différents de ceux qui dans la réalité vivent, sauvages et cruels, consommateurs de chair fraîche. Comparez la photo ci-dessus avec celle-ci :

La peluche est une sorte de représentation stylisée, qui simplifie et bonifie l’animal jusqu’à le rendre sétérotypairement câlin et velouté. Les formes s’arrondissent, le corps raccourcit jusqu’à ce que que le tronc reste surtout symbolique (rappelez-vous les peluches « Diddle »). Bien sûr, le poil est plus ouaté. Et surtout, dans bien des cas, l’ours qui pèse 100 à 300 kilos dans la réalité ne fait plus que quelques centaines de grammes. Il est tout petit. Et ce qui est petit est bien souvent plus mignon. En témoigne le fait que lorsqu’on dit « ma petite maman », par exemple, le mot « petit » perd son sens propre et devient un terme hypocoristique (c’est-à-dire, en linguistique : qui exprime l’affection).

Ainsi, plus petit, l’animal fait moins peur. L’éléphant rose aussi. Le monde étranger et effrayant est apprivoisé, adapté à la taille de l’enfant qui en fait son doudou et joue avec lui. Les autres fonctions de la peluche étant, à ma connaissance, celui d’être une mascotte porte-bonheur (sportive par exemple), ou de servir de décoration. Sa valeur est donc essentiellement symbolique – et si possible esthétique.

En guise de cerise sur le gâteau, ou de doublure en velours sur l’oreille du lapin, nous vous proposons quelques images de peluches tout simplement délicieuses.

PS : Cette idée d’article m’est venue après être tombée en extase hier devant un petit nounours tombé sous le lit d’une fillette de 5 ans. Que la vie est belle, si on en prend un tout petit peu la peine (et si on le peut).

Publicités

2 réflexions sur “Penser la peluche

  1. C’est vrai qu’il n’a pas l’air absolument sanguinaire. Désolée. 😀
    Quant au playmobil, c’est plutôt toi qui devrais en faire l’analyse, avec tes cours pipeau de Pipo, sur les programmes et les contre-programmes des cintres indétachables… (rire sardonique)
    Je suis contente que tu ne m’aies pas dit d’un air consterné : « Pauvre Imelda, elle vit au milieu des nounours » ; tu as donc saisi l’ironie rieuse de ce petit articlounet. 😉 Je t’embrasse chère amie.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s