Richesse faulknérienne

De son roman, Requiem for a Nun, publié en 1951, voici quelques superbes lignes (traduites), qui évoquent la genèse d’un localité géographique nommée Jackson.

« Au commencement était déjà décidée l’existence de cette bosse arrondie, cette pustule dorée, dès avant et par-delà le clair-obscur fumant, miasme intemporel sans saison, sans hiver, non pas distinctement d’eau ni de terre ni de vie mais de tout cela ensemble, inextricable et indivisible, ce bouillonnement ce frai cette matrice unique, une seule tumescence furieuse, père-et-mère-en-un-seul, une seule immense éjaculation en incubation, fissionnant déjà dans un unique chaos bouillannant, fatras tombé du Céleste Etabli expérimental ; ce grouillonnement unique rampant et glissant, marquant de l’emprunte tridactyle de mastodonte, la couverture verte noyée de vapeur qui recouvrait le charbon et le pétrole à venir au-dessus desquels les têtes reptiliennes aux cerveaux minuscules s’inclinaient dans l’air ou battaient lourdement des ailes de cuir ; »

William Faulkner, romancier américain (1897-1962)

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