Paludes

Ce récit, publié par André Gide en 1895, est une satire pleine d’ironie et d’humour subtil du Paris littéraire symboliste. Il dessine également une figure de l’auteur qu’il démystifie dans une certaine mesure. Le narrateur est, selon le procédé de mise en abyme cher à Gide, un homme qui est lui-même en train de rédiger Paludes. Voici un petit extrait plein d’esprit (et de sophistique) qui je l’espère, vous donneront envie de lire ce volume qui, m’a dit ma prof de lettres, contient de nombreuses références littéraires…

Le narrateur se trouve à ce moment chez une amie, Angèle, qui organise une soirée de « littérateurs » (sic). Il vient d’écrire quelque chose pour son ami Martin qui a fait de même à son adresse.

« Martin et moi nous échangeâmes nos feuilles, tandis qu’Alexandre [un philosophe] attendait.

Sur ma feuille on lisait :

Etre aveugle pour se croire heureux. Croire qu’on y voit clair pour ne pas chercher à y voir puisque :

L’on ne peut se voir que malheureux.

Sur sa feuille on lisait :

Etre heureux de sa cécité. Croire qu’on y voit clair pour ne pas chercher à y voir puisque :

L’on ne peut être que malheureux de se voir.

« Mais, m’écriai-je, c’est précisément ce qui te réjouit que je déplore ; – et il faut bien que tu t’en réjouisses, tandis que toi ne peux peux pas te réjouir de ce que je déplore. – Recommençons. »  »

 

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