Les médias, asservis ?

Le problème des médias, c’est qu’ils doivent vendre. Outre la question de leur financement par la publicité et les grands groupes industriels, il y a la nécessaire attraction qu’ils doivent exercer face aux lecteurs. Sans elle, personne n’achèterait les journaux ! Sinon pourquoi les crieurs de journaux, annonceurs des titres croustillants, existaient-ils il y a quelques décennies ?

Un exemple simple : un grand titre de magazine sur « Les secrets de la franc-maçonnerie » fait toujours plus vendre que « La composition de l’ANSES » (l’Agence nationale de sécurité sanitaire). Comme dit certain professeur d’histoire contemporaine, « La guerre des polices » en première page d’un magazine d’histoire attire toujours plus que « Gendarmerie et société sous le Second Empire ».

Cette attraction ou non-attraction pourrait alors diviser le réel de l’actualité, avec d’une part les sujets qui vendent et d’autre part ceux qui ne vendent pas. Parmi ceux qui attirent le chaland, il y a les portraits d’hommes politiques ; les détails sur les séismes ravageurs ; les affaires de meurtres, disparitions, viols ;  les révélations sur la diplomatie américaine ; les petites phrases controversées ; toute une politique-spectacle qui empêche d’aller plus loin dans l’analyse… Le cas extrême de cette chasse au spectacle et au scandale se trouve évidemment dans la presse people.

De l’autre côté, on parle rarement du fonctionnement de l’administration des ministères, et du travail de fourmi qu’ils réalisent pour préparer les lois. Moins souvent viennent les détails des réformes, bien plus capitaux que les effets d’annonce. Question société, on trouvera peut-être davantage dans les journaux locaux le quotidien des entreprises ou les initiatives des associations.

Le problème réside aussi dans le fait que certains événements arrivent jusqu’aux médias, et d’autres non. Certains doivent rester confidentiels. Ainsi, les piratages informatique à Bercy avaient en fait lieu depuis trois mois.

Quoiqu’il en soit, les médias ont le défaut intrinsèque de donner des informations qui vont susciter une attirance instinctive chez le lecteur, et non ce qu’on pourrait appeler une attirance « raisonnée ». Ces remarques concernent toutefois plus la presse à grand tirage que la presse spécialisée. Une revue juridique sera sans doute moins excitante que Gala

 

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