Etre parent : répéter et se soucier

Dans l’éducation des enfants s’observent des constantes. Dans le fait d’être parent aussi. Même si je ne le suis pas (encore), j’ai cru observer certains de ces invariants. Deux d’entre eux notamment.

Etre parent, c’est redire. Dire « Viens prendre le bain », mais aussi le redire une, deux, trois, quatre, dix fois. On passe à table, fais tes devoirs, range ta chambre. Et avant d’aller chez des amis : « Soyez polis et pas gloutons »… Etre parent, c’est non seulement donner des ordres (faire régner l’ordre, remettre en ordre) pour le bien de l’enfant, son confort et son développement intellectuel ; mais aussi les redire. Accepter de n’être pas obéi la première fois ; ou plutôt de persévérer jusqu’à ce que l’enfant consente, de gré ou de force. Accepter de répéter, parce que la répétition est la meilleure forme pour retenir. Accepter d’être perçu pour autoritaire alors que l’autorité n’est qu’un moyen. Accepter l’aspect fastidieux et pénible, – voire humiliant dans sa caricature – de la répétition, pour qu’un jour l’enfant intègre le repère donné et le fasse définitivement sien.

Rien de très gai, me direz-vous. Eh bien, dans la deuxième constante évoquée, l’inquiétude pour les enfants, il n’y rien de vraiment joyeux non plus. Etre parent, s’est s’inquiéter que l’enfant ne fasse pas de mort subite du nourrisson, ne se noie pas dans la piscine, ne traverse pas la rue en courant. Qu’il ne soit pas inquiété par ses camarades, que son voyage se passe bien, et surtout qu’il ne rentre pas trop tard à la maison, qu’il n’ait pas été kidnappé. Sentiment pesant et angoissant que l’inquiétude. Elle mord l’estomac, alors qu’on doit sourire aux autres. Et pourtant, quoi de plus beau dans l’ordre de l’amour que de cesser de vivre quand le fils qu’on aime n’est pas assuré de vivre – au moins dans l’esprit parental ?

Ces deux exemples montrent bien, il me semble, combien l’amour n’exclut pas une forme de souffrance. Non pas but en soi, mais biais nécessaire dans notre contingence humaine et fragile. Et cela est une sagesse plus grande que tout angélisme. Sans compter le bonheur qu’apporte la singularité de l’enfant et la joie de le voir grandir, dépassant le reste.

PS : Comme toujours, j’attends avec impatience vos commentaires, remarques et contestations…

 

 

Publicités

3 réflexions sur “Etre parent : répéter et se soucier

  1. Etre parent c’est répéter pour mieux élever. Vers l’Absolu, comme on répète les Ave et les Pater dans un rosaire.
    Etre parent c’est s’inquiéter pour mieux aimer.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s