Woody à Paris

De Woody Allen, j’avais vu Annie Hall (1977), Manhattan (1979) et Maris et femmes (1993). A chaque fois, j’avais été séduite par la virtuosité du scénario et surtout des dialogues, qui faisaient d’histoires banales des trésors de lucidité et d’humour. Il paraît que ces dernières années, le cru Allen était mauvais. Néanmoins, Minuit à Paris a été sélectionné comme film d’ouverture du festival de Cannes 2011. Hors compétition, il a donc pu sortir en salles le même soir que sa projection à Cannes.

Venons-en aux faits. Deux fiancés américains, Gil (Owen Wilson) et Inès (Rachel McAdams), viennent à Paris accompagner les parents d’Inès en voyage d’affaires. Inès, pimbêche superficielle, n’a d’yeux que pour Paul, son ancien flirt qu’elle rencontre par hasard dans un restaurant. Gil, dont la voix bienveillante et l’attitude égarée rappelle immédiatement celle de Woody lui-même, est un doux rêveur qui aurait aimé vivre dans le Paris des années 1920. Un soir, après minuit, il lui arrive quelque chose d’assez inattendu…

Cette comédie pleine de fraîcheur joue sur un ressort (à découvrir) que le réalisateur n’exploite pas outre mesure, même si il se fait parfois trop explicite. Les personnages qui défilent font presque figure de catalogue, même s’il faut sans doute être passé en khâgne pour connaître T.S. Eliot ! La simplicité de l’histoire est compensée par des acteurs convenables, sans être excellents. Mention spéciale à la ravissante Léa Seydoux. Quant à Carla Bruni, il est évidemment déconcertant de la voir arriver derrière un if du musée Rodin, avec une modestie qui la rend presque effacée.

Le sujet du film, c’est peut-être Paris lui-même et la représentation que l’on en a. Pour un Français, la vision de Woody Allen peut paraître très stéréotypée, à la limite du kitsch. Pour preuve, les premières minutes du film qui en montrent de belles images, de la même manière que dans Manhattan. Notre-Dame, les Champs-Elysées, Montmartre et autres antres touristiques. Le pire cliché est le goût du héros pour la pluie parisienne. Qui aime être trempé sur un trottoir ? Seulement quelques (rares) touristes. Mais peut-être est-ce pour Allen du second degré ? 

Telle est la vraie question : le Paris que nous connaissons comme lieu de vie – entre logement et travail – est-il « davantage » Paris, que le Paris des touristes, le Paris historique et artistique, qui nous semble si elliptique ? Pour trouver la réponse, allez voir le film de Woody Allen.

 

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2 réflexions sur “Woody à Paris

  1. Franchement, je n’ai pas trouvé le Paris d’Allen si caricatural, de même qu’il me semble tout à fait charmant de marcher sous la pluie…le Paris du film existe, il suffit d’y être un peu attentif et d’oublier le contexte (le fameux métro boulot dodo) qui nous fait passer à côté de milliers de petits détails pittoresques et de ruelles où il fait bon vivre. Et j’en fais l’expérience chaque jour 🙂
    PS: Carla Bruni à la modestie « presque effacée »? heu…modeste ou pas modeste? et puis j’ai trouvé qu’elle jouait très mal pour ma part : très guindé, voix agaçante…

  2. Merci pour ton commentaire Maritro ! Je suis d’accord sur le fait que le Paris pittoresque existe, mais il ne se réduit pas à la place de la Concorde et à trois-quatre autres lieux ! Ni à l’hôtel Bristol d’ailleurs.
    Bon, Carla Bruni est modeste ET effacée dans le film. 😀 (je rectifie). Ce qui en effet la fait mal jouer.

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