Karen Blixen pour procuration

Dans ce court roman de la rentrée littéraire, Nathalie Skowronek fait d’une aventurière du siècle dernier une soeur et une amie.

L’appel du large, l’appel de la forêt, l’appel de l’Afrique : on peut dire que c’est ce qui sous-tend ce livre atypique. Il alterne, jusqu’à la fusion des deux, le récit de la vie de Karen Blixen (1885-1962), et celle de la narratrice. La biographie de la première est connue des spectateurs de Out of Africa (1985) : une jeune femme danoise, dans les années 1920, trouve au Kenya échappatoire et aventure. Elle écrit à son retour de nombreux contes, dont Le Festin de Babette, mais surtout La Ferme africaine.

C’est ce récit-là que lit à l’âge de onze ans la narratrice de Karen et moi. Dès lors, elle ne cesse de songer à Karen et à découvrir une parenté entre sa vie et la sienne. Mal-être personnel, mariage sans conviction, rêves d’amour et de voyage, désir d’écriture. Et surtout, peur d’être abandonnée.

Avec un art du récit digne de celui de Karen Blixen, au fil de phrases sobres et fluides, Nathalie Skowronek semble livrer un conte, celui de deux sœurs que la distance géographique et historique ne sépare pas. Malgré le thème assez consensuel – la fuite une vie bourgeoise et étriquée -, la conclusion première reste qu’un livre peut changer une vie.

Karen et moi, de Nathalie Skowronek, Editions Arléa, 2011.

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