Une odeur de crème solaire

Sur la Via della Conciliazione qui mène à la place Saint-Pierre, je croise un énième groupuscule de touristes. Une odeur, plutôt agréable, frappe mes narines. Un souvenir fugace de classe de neige au ski… La crème solaire ! Les touristes en sont discrètement tartinés.

Touriste : le grand mot est lâché. Ici dans le centre de Rome, il pullullent. Ils abondent, invariablement en short, comme s’ils s’étaient tous donné le mot. Munis de lunettes de soleil et d’un appareil photo, of course. Espagnols, Français, Américains, Anglais, Italiens (si), Asiatiques, ils parlent mille langues.

Place Saint-Pierre, longue est la file (au fond) pour entrer dans la basilique.

Il lèvent les bras au ciel en signe de (piètre) victoire devant la basilique Saint-Pierre, et surtout devant un objectif d’appareil photo. Wahou, ils sont arrivés. C’est vrai, ils ont bravé la chaleur zénithale des 14 heures au fi des règles de sécurité estivale. Mais l’avion les a déposés sagement à Fiumicino ou Ciampino – l’un des deux aéroports de Rome. Ils ne sont pas venus à pied de chez eux, pélerins d’un jubilé millénaire. Bref.

Pour eux s’est tissé un véritable arsenal, une armée de commerçants. Stands et boutiques de souvenirs, vendeurs à la sauvette, gelati et pizzas chères. La mode anti-soleil du moment pour les touristes, c’est une sorte d’ombrelle plate japonaise, vendue quelques euros. Pour les touristes, pancartes et enseignes sont traduites en anglais.

A Rome, ils sont là toute l’année ou presque. Parmi ces grappes aux couleurs vives, on distingue un autochtone, un homme en costume, brun et les yeux ourlés de noir (un vrai Rital quoi) mangeant une gelato à la fraise. Lui, la crème solaire, sa peau l’a intégrée depuis longtemps.

Evidemment, les touristes ne forment pas un groupe homogène et stéréotypé. Il y a les vacanciers, les scolaires, les universitaires, les retraités, les pélerins… Il y les vrais, les faux. Ou non. Moi-même, quand, un honnête guide touristique à la main, je quadrille les quartiers de la Ville, n’en suis-je pas une vraie ? Oui, mais je reste pas deux jours, mais deux mois, pour travailler. Et je ne mets pas de crème solaire. Na.

La phrase de Stendhal
« Rien de plaisant comme ces figures ennuyées que l’on rencontre partout à Rome et qui jouent l’admiration passionnée. » (Promenades dans Rome, 1829)

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