Raconte-moi une histoire

Le concept est un luxe, une hypocrisie, une impolitesse. Il est tellement facile, évident à l’esprit coquet. Préparé pour par des années d’études secondaires et universitaires. Il cherche sans le dire l’efficacité. Le concept est une facilité, une façon de relever artificiellement le niveau. Le niveau de pédanterie, oui.

Parler du concept devant la caméra, façon psychanalyse, ou laisser la plume-clavier écrivaine dérouler ses trucs abstraits, c’est laisser pourrir l’histoire racontée, sembler la mépriser. Rabaisser la narration au niveau de l’exemple.

Les aèdes, la transmission orale des histoires, les Mille et une nuits, les troubadours, les romanciers, n’ont que faire de l’idée. L’idée, c’est à peine un point de départ, noyé rapidement dans les péripéties. Ou elle n’a aucune raison d’être, parce que l’histoire est vraie, les personnages des personnes et la fin un autre début.

L’histoire est le lieu de l’imagination, de l’image, du mouvement. Si l’on raconte des histoires aux enfants pour qu’ils s’endorment et que le storytelling est devenu un art politique, c’est dire le pouvoir du récit bien plus que celui de l’idée. L’histoire vit, s’incarne, s’anime. Elle fait trembler plus que les mots. Elle emporte.

Alors plutôt que truffer films et livres de tirades prétentieuses, il vaut mieux laisser la moindre histoire nouée de trois bouts de ficelle tisser nos rêves.

Imelda

 

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