L’art du contraste au quotidien

Petite réflexion sans prétention, qui n’a pas peur de théoriser ni de généraliser, la maraude.

Une journée bien remplie est une journée où il y a eu de multiples occupations, et souvent des coupures plus ou moins longues : pause café, récréation, courses au supermarché, pause déjeuner, verre pris avec quelqu’un, réunion, conversation téléphonique, douche, trajet en voiture ou en métro, « break », JT de 20 heures ou prière (bref, un rite), etc.

Entre deux occupations, le plaisir de passer de l’une à l’autre représente un contraste soit agréable, soit désagréable, ou éventuellement neutre. D’où les enchaînements suivants : après l’effort, le réconfort ; après la pause, la reprise ; après le voyage, le retour ; après la carrière professionnelle, la retraite ; après les soldes de prêt-à-porter, la nouvelle collection ; après l’élection, le mandat… Et ainsi de suite.

Outre la multiplication les « tranches de vie », prodiguant l’impression d’une durée dilatée en même temps qu’un rythme plus rapide des choses, ce contraste à toutes les échelles du temps est mais également beau.

La beauté comme art du contraste n’est plus à démontrer. Victor Hugo en avait fait un de ses angles de vue : Quasimodo et Esméralda suffisent pour incarner un exemple. Et je n’ose pas nommer le gros Obélix et le petit Astérix. Si des mariés sont beaux, c’est parce que l’un est habillée en blanc et l’autre en noir. Un vêtement spécial qui allie opacité et transparence est souvent seyant. Bref : voir la photo d’un adolescent et à côté la même personne avec soixante ans de plus provoque souvent l’émotion. Pareil pour celle du jeune doctorant puis de l’académicien chenu.

Alors si à l’échelle d’une existence, la beauté du contraste fait vibrer nos fibres, pourquoi voir notre valise de vacances à côté notre mallette professionnelle ne nous émouvrait pas ? (à supposer que l’on aime son métier) Pourquoi ne pas se réjouir de chaque passage à une autre occupation, une autre sensation ? Pourquoi ne pas affiner notre sensation du contraste ? Nous nous réjouissons du contraste entre  la chaleur de l’air et l’eau fraîche de la piscine. Pourquoi ne pas trouver la beauté entre les actions les plus neutres, telles que faire la vaisselle et changer les rideaux, ou encore conseiller un client et tenir la caisse ?

Remarquer la transparence d’un verre et l’opacité d’un rideau, mène au bout de quelque entraînement à voir que la couleur des yeux d’un client est totalement différente du client suivant. Que notre belle-soeur n’attend de nous pas du tout la même chose que notre autre belle-soeur. Que l’aîné de nos enfants devient fou quand on lui offre un cadeau alors que le cadet préfère les câlins. Que la différence est l’un des plus beaux cadeaux de la nature.

Imelda

A lire sur le même thème : Pastiche de Montesquieu – « Lettres imeldiennes »

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