Un dimanche à Castel Gandolfo

A Castel Gandolfo, petite commune de 9 000 habitants à 25 km au sud-est de Rome, que pourrait-t-il bien se passer ?

Depuis le XVIIe siècle, c’est dans cette cité à l’aplomb du lac d’Albano que les papes ont établi leur résidence d’été, loin de la foule et du bruit romain.

 

Le pape Benoît XVI y habite cet été depuis début juillet jusqu’en septembre. Aussi, pour voir le souverain pontife, il faut prendre le train le dimanche pour assister à l’Angélus récité par le pape, à midi. L’unique train régional à s’y arrêter ce matin-là est donc rempli de pélerins, de prêtres et de religieuses, et de touristes.

Quarante minutes après le départ de la gare de Rome Termini, nous sommes arrivés. L’air est déjà brûlant. La place du palais pontifical est gardée par des carabinieri qui effectuent un bref contrôle ; le lieu est une extraterritorialité de la Cité du Vatican, nous quittons donc l’Italie et même l’Union européenne. Pourtant l’ambiance est paisible, vacancière, entre boutiques de souvenirs et l’église paroissiale baroque qui sonne les cloches de la messe dominicale.

La foule commence à faire la queue devant le palais pontifical. Elle s’abrite du soleil avec des ombrelles de touristes et des drapeaux. Vers 11 heures, les pélerins peuvent pénétrer dans la cour du palais. Environ 500 personnes s’amassent devant le balcon où l’on peut voir le blason de Benoît XVI.

Pour tromper l’attente, des personnes font connaissance : un couple serbe discute avec deux Espagnoles surexcitées et un couple brésilien. Puis ils bavardent avec un jeune prêtre russe en col romain. Des pèlerins appellent : « Be-ne-det-to ! » – le prénom du pape. L’effervescence est palpable, d’autant que les gens se voient sur le grand écran situé à gauche du balcon. Des caméras sont là ; des télévisions catholiques retransmettent l’Angélus.

Les gardes suisses pontificaux en uniforme officiel rouge, jaune et bleu sont également présents. Gardiens du pape, ils doivent être de nationalité helvétique, avoir entre 19 et 30 ans, être catholiques, célibataires, et  mesurer au moins 1,74 m.

Midi moins cinq… Bavardages en toutes les langues, chants, attente.

Midi, enfin. La lumière du balcon s’est allumée, le pape arrive sous les acclamations et les applaudissements.

 

Vêtu de blanc, le pape semble heureux de voir ces gens venus pour certains de très loin. Il paraît tout petit et fragile. Voir cet homme de 85 ans est émouvant ; non pas l’apercevoir en chair et en os après l’avoir vu souvent sur les photos et écrans. Mais parce qu’il porte une Eglise d’un milliard de fidèles sur la planète ; une Eglise en déclin en Europe mais en croissance en Afrique et en Amérique du Sud. Une Eglise avec ses faiblesses et son dynamisme, ses dérives et ses bienfaits.

  

Après une brève allocution en italien sur l’évangile de ce dimanche,  le pape récite l’Angélus, prière à la Vierge Marie dite le matin, le midi et le soir. Puis il remercie en français, anglais, espagnol, italien et polonais les pélerins d’être venus, avec un mot différent à chaque fois. Les pélerins de ladite nationalité se manifestent par des cris d’enthousiasne ; les hispanophones sont les plus bruyants…

C’est déjà fini ; après de nombreuses salutations de la main, le pape se retire. Il est midi et quart.

 

La foule sort du palais, contente. Elle se disperse pour déjeuner ou se promener au bord du lac d’Albano.

Voilà ce qui se passe, chaque dimanche d’été, dans un bourg du Latium.

 

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