Vivre dans un piano

Vivre dans un piano : au premier abord, cela paraît compliqué, à moins d’être un termite. Mais ensuite, il suffit de devenir tout petit (un régime, et il n’y paraît plus) et de se glisser entre les marteaux. Il suffit d’attendre. Attendre que le seul meuble qui parle, se décide à donner de la voix. C’est la vraie vie qui commence. Une vibrante existence au plus près du chant, de l’essence, de ce qui coule dans la sève des jonquilles de mars et dans le sang du nouveau-né. Un terrain vierge, neutre, stérile, frais comme le premier jour de l’univers, qui ne tarde pas à s’enfuir aux cinq coins du monde.

Vivre dans un piano, c’est écouter le coeur du volcan, dormir dans le noyau de la cellule, ne souffrir ni la comparaison, ni l’éloignement, ni le futur. Ce n’est pas se prendre pour un séraphin dont les ailes touchent Dieu, ni pour Baudelaire rêvant d’aller là où la boue ne serait pas de pleurs. Vivre dans un piano, c’est habiter dans le mystère, noir, laqué, silencieux.

Ce serait presque trop facile, car il y a le danseur qui a risqué, lui, de sortir du piano pour valser, rencontrer d’autres silhouettes, tomber quand le vent est trop fort, laisser le temps changer les plis de sa peau. Il a essayé de dire ce qu’il avait vu dans le piano et leur dire d’y aller aussi.

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