Nos enfants ne sont pas « nos » enfants

00000001595Le langage est pauvre. « Mon, ton, son : adjectif possessif ». Ma maison, mon lit, mon diplôme. Mon enfant.  Mon bébé, ma chose ? M’appartiendrait-il ?

Non, pourtant. Un enfant jaillit sans qu’on ne puisse maîtriser totalement la création. Il a beau avoir été désiré, parfois depuis des années, avoir été planifié précisément, il vient seulement quand il vient. Il est autre, il est homme ou femme sans que nous ayons choisi entre les deux. Minuscule, enfant ou grand, il n’appartient qu’à lui-même.

Ses parents lui donnent affection et éducation, gîte et couvert, mais il n’est que l’hôte. Malgré ses devoirs, son amour et sa gratitude, il est là, accueilli, infiniment différent. Il est bon de le laisser grandir, devenir lui-même, avec ses talents visibles et son jardin secret, et plus tard bâtir sa propre famille.

Un enfant ne doit pas être surinvesti, étouffé par le désir, l’imaginaire ou le pouvoir de ses parents. Il n’est pas toute leur vie. En dépit du lien irremplaçable de la paternité ou de la maternité, avec ses joies et ses arrachements, l’enfant n’est pas leur enfant. Il est la petite vie déposée qui devra bientôt, mais pas trop tôt, quitter la maison sans regret ni rancœur.

Si on élève un enfant, c’est pour qu’il soit capable de partir.

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