Incommunicabilité du sentiment parental

Dessin de Pascal Campion.

Dessin (c) Pascal Campion.

Avant d’avoir des enfants, on a tendance à trouver les bambins bruyants et chronophages. Même quand les parents ne sont pas totalement tournés vers leurs petits – oubliant parfois leurs amis et leur vie propre -, on a l’impression qu’ils sont passés « de l’autre côté ». Ils gazouillent avec leur bébé, dans un attendrissement apparemment ridicule, font passer ses besoins en premier (repas à heure fixe, sieste…) même lorsqu’il y a des invités. Bref, ils ne donnent pas toujours envie de devenir des parents gâteux d’enfants énervants.

Et il y a l’après. Cet après peut commencer pendant la grossesse, quand on prend conscience de la fragilité de cet être qui tient au creux d’une main. Un accident de voiture, une chute, un surmenage, et le bébé délicat et remuant peut quitter ce monde. Sa vie est en jeu, principal jeu qui vaille la peine pendant quelques mois. Surtout, l’attendrissement gagne le futur parent, le regardant bouger et montrer ses traits sur l’échographie en 3D. Des traits singuliers, avec la bouche de son papa, les yeux de sa maman et le menton rien qu’à lui*.

Parce qu’il est justement l’enfant de ses parents, et uniquement d’eux, le sentiment parental, et l’affection animale et délicieuse qui l’enveloppe, sont incommunicables. Ils sont idiosyncrasiques, propres à la famille ainsi bâtie, tout comme le langage qui les unira pour quelques bonnes années.

 

* Ce détail n’est pas autobiographique…

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