Pourquoi les séries sont-elles si addictives ?

Julio et Alicia, héros de la série "Grand Hôtel".  © Antena 3 Televisión

Julio et Alicia, héros de la série « Grand Hôtel ». © Antena 3 Televisión

Venant de regarder la série espagnole Grand Hôtel (1), je constate que ce qui rend le spectateur d’une série télévisée passionné et presque dépendant, n’est pas tant le suspense haletant de l’action.

Certes, l’histoire de Julio, jeune homme enquêtant en 1905 sur la disparition de sa soeur Cristina, employée du Grand Hôtel, va receler bien des rebondissements. Au long des épisodes, les révélations se multiplient, les meurtres s’enchaînent, les scandales éclatent au grand jour. Les cliffhangers en fin d’épisode, attisant le suspense et la frustration, constituent une technique de fidélisation on ne peut plus classique pour mener le spectateur par le bout du nez. Sans compter la musique à grands renforts de violons, qui suscite ouvertement l’émotion.

Les dizaines d’heures de vidéo pourraient essouffler l’histoire ainsi racontée. Après tout, ce sont toujours les mêmes personnages, souvent le même genre de scènes (découverte d’un indice/partage des informations/action extérieure). Mais c’est sans compter un fait : ce qui rend une série addictive, c’est son univers. Un univers attachant, indispensable à la série. Dans Grand Hôtel, il s’agit des nombreux personnages, dont les principaux sont souvent beaux et ambivalents, mais surtout des lumières, des costumes et des meubles de cet hôtel prestigieux, situé au bord de la mer, qui donne son unité à la série. Si l’action quitte le cadre de l’hôtel, la série n’a plus de raison d’être (ce qui supprime parfois le caractère inattendu de l’action).

Le spectateur trouve dans la série télévisée et dans sa longueur inégalée ce que le long-métrage de cinéma ne peut lui offrir : l’illusion de se plonger indéfiniment dans un univers de fiction qui lui plaît. De vivre avec les personnages comme s’ils vivaient, dans la durée, dans un cadre déterminé, sans toujours une fin programmée, en bref, comme dans une réalité fantasmée.

(1) Uniquement jusqu’à l’épisode 8 de la saison 3, car la suite n’a pas encore été diffusée en français. Cette série, créée par Ramón Campos, a été diffusée en Espagne sur Antena 3 de 2011 à 2013, et sur les chaînes françaises Téva et M6 en 2012 et 2013. Côté DVD, la saison 2 sera dans les bacs en France en août 2014.

 

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