L’identité personnelle au risque du web

Profils, avatars, pseudonymes… Le web crée de nouvelles identités virtuelles. Deux identités semblables coexistant difficilement, celle du web a tendance à absorber celle de l’usager. Ce qui l’oblige à être plus souvent en ligne.

Les affaires de vols d’informations et d’ursupations d’identité sur le web surgissent régulièrement dans l’actualité. « S’identifier » est aujourd’hui nécessaire pour accéder à un réseau social ou faire un achat en ligne. Deux identités semblent cohabiter, comme si nous étions en même temps deux choses différentes : la personne assise devant son ordinateur, et celle qui agit sur Internet.

Or, comme l’explique Marcello Vitali-Rosati, professeur de Littérature et culture numérique à l’université de Montréal, dans Égarements. Amour, mort et identités numériques (Hermann), quand l’internaute participe à un forum ou à un réseau social, il le fait en tant qu’agent du web. Comme l‘usager ne peut être à deux endroits en même temps, l’espace qu’il l’occupe devant l’ordinateur a tendance a être aspiré par celui du web, tout aussi matériel.

Le temps du web et le corps qu’on y possède semblent également happer la personne assise devant son écran. En effet, ce sont ses actions sur le web qui structurent et déterminent le temps devant l’ordinateur, selon Marcello Vitali-Rosati.

Source pixabay.com - creative commons

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Fusionner avec l’identité virtuelle, ou se déconnecter

On se rend compte de la prééminence du corps virtuel lorsqu’on utilise le logiciel de vidéoconférence Skype. D’abord, celui-ci nous demande de créer un « pseudo », une seconde identité pouvant se déclarer « connectée ». Ce corps virtuel prévaut, puisque lors d’une conversation, ce sont les personnes telles qu’elles sont dans la vidéo qui agissent et se parlent.

Deux solutions s’offrent au corps devant l’ordinateur : soit il doit se laisser absorber par son identité virtuelle, soit prendre la place de celle-ci en se déconnectant définitivement.

Dans le premier cas, il ne reste qu’un corps unique qui agit dans et devant l’ordinateur. « Le medium devient transparent, nous ne sommes presque plus conscients du fait que nous sommes en train d’utiliser un outil » analyse Marcello Vitali-Rosati, qui ajoute plus loin : « Le mythe d’être toujours joignable consiste à demander au corps qui se trouve devant l’ordinateur (…) d’abandonner son espace et de prendre littéralement la place de son pseudo. »

Dans le cas le plus extrême, la volonté d’être exactement à la place de ce que nous sommes sur le web conduit à une poursuite éperdue de connexion. A l’inverse, la possibilité de fusion avec l’identité virtuelle conduit parfois à tenter de s’en protéger : par exemple, en mettant un faux nom sur Facebook..

La relation entre l’espace du web et l’adresse IP d’un ordinateur empêche toutefois une absolue séparation entre les deux espaces. Voilà de quoi nous faire réfléchir sur le temps que nous passons sur le web…

Imelda

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