Pour en finir avec le mythe de la superwoman

L’idée est la mode : la femme parfaite, mince, photogénique, libre et épanouie chantée par les magazines féminins énerve – si tant est qu’elle corresponde à une réalité. Le succès de La femme parfaite est une c****sse d’Anne-Sophie et Marie-Aldine Girard, figurant dans les meilleures ventes depuis plusieurs semaines, reflète sans doute ce sentiment général.

001La psychologue Claire-Marie Best, dans l’intéressant et récent essai Imparfaite, pourquoi pas ! Agir selon ses choix (Armand Colin), prolonge la réflexion à propos de la conciliation entre les multiples facettes de la vie d’une femme : conjugale, parentale, professionnelle, amicale…

Son idée est simple : la superwoman qui est partout, enchaîne les tâches du grand matin au grand soir, est une ambitieuse professionnelle, une mère présente et une épouse attentive est un mythe. Cette image idéaliste s’est transformée en injonction et en exigence sociale. Mais les femmes ne le savent pas assez ; résultat, elles culpabilisent quand elles sentent qu’elles délaissent tel rôle au profit de tel autre et ne répondent pas aux performances demandées.

L’auteure propose de reconnaître ce sentiment de culpabilité et ainsi de l’évacuer, puis de renoncer à l’utopie de l’ubiquité et de la perfection. La femme est invitée à lâcher prise et à privilégier, par périodes, tel ou tel aspect de sa vie : son rôle de maman, ou sa vie professionnelle, ou son mari. Tout ne sera pas impeccable, mais au moins, elle suivra ses choix plutôt que se soumettre à la pression sociale. Son conjoint est encouragé à la soutenir dans cette démarche.

Dans ce petit livre facile à lire, bien documenté sociologiquement et scientifiquement, on est pas obligé d’être d’accord sur tout, mais on trouve plusieurs idées éclairantes.

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« Une journée particulière » : bis repetitia placent

une-journee-particuliere-de-anne-dauphine-julliand-941819548_MLBis repetia placent : « ce qui est répété plaît ». On prend les mêmes et on recommence ! Après le succès éditorial du très beau témoignage Deux petits pas sur le sable mouillé, vendu à près de 250 000 exemplaires et récemment sorti en poche, les éditions des Arènes ont surfé sur la vague du succès. La maison vient de publier un deuxième livre d’Anne-Dauphine Julliand : Une journée particulière.

Dans ce témoignage, la jeune femme évoque la journée du 29 février, où sa fille Thaïs, décédée d’une maladie génétique orpheline, aurait eu huit ans. A chaque moment du jour, elle prend le temps de se remémorer la maladie de sa fille, leur souffrance et leur bonheur, l’impuissance face à la douleur, l’amour de son couple, la présence de leurs proches. Elle parle de ses trois autres enfants, dont l’une, Azylis, est atteinte de la même maladie.

Ce récit est émouvant, juste, et la façon dont la famille décide de construire un bonheur différent, indépendant des circonstances malheureuses, est impressionnant. Pour autant, ce livre n’apporte pas grand-chose par rapport au premier ouvrage, hormis le recul supplémentaire de quelques années.

L’écriture efficace (phrases courtes, descriptives, belles formules) permet d’arracher quelques larmes, à juste titre. Mais elles sont de même nature qu’à la lecture du premier livre. Il est peut-être dommage de faire de ce beau récit un produit commercial. Bref, achetez ou relisez plutôt Deux petits pas sur le sable mouillé !

Les ensembles musicaux indépendants

Les Talens lyriques, ensemble né en 1991 avec Christophe Rousset

Les Arts florissants, Accentus, les Talens lyriques… Ils sont plus de 150 en France : les ensembles de musique classique indépendants. La Fevis les fédère et accompagne les ensembles émergents dans leur professionnalisation.

En 2012, être joueur de cornet à bouquin, une sorte de flûte courbe de l’époque baroque, de théorbe ou de viole de gambe, c’est être un musicien très spécialisé dédié à un répertoire précis. Aucun orchestre permanent, national ou régional, ne pourrait embaucher à plein temps un tel musicien ; car ceux-ci ont vocation à faire vivre un répertoire étendu. Ces musiciens appartiennent donc à la sphère des ensembles professionnels indépendants, et peuvent travailler dans plusieurs ensembles à la fois.

Dans ces ensembles bouillonne la curiosité et un goût de la recherche pour mieux comprendre comment était jouée la musique à l’époque baroque, avec des cordes en boyau, avec un toucher différent… Dans les années 1960, ils sont apparus nombreux, avides d’explorer de nouveaux répertoires, notamment le baroque.  Ce mouvement musical situé de 1600 à 1750 est une véritable révolution dans la manière de concevoir la musique par rapport à l’époque Renaissance qui recherche un idéal de perfection. Le baroque remet au contraire au cœur de l’écriture musicale les dissonances et l’expressivité. Ce mouvement apparaît autant en Italie – Vivaldi -, que dans un style allemand – Bach -, ou encore français avec les opéras ballets de Lully s’il ne fallait citer que trois compositeurs.

3 000 concerts des ensembles indépendants en 2010
Née il y a treize ans, la Fevis (Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés) se bat pour que les 96 ensembles qu’elle fédère puissent être reconnus comme le troisième pilier de la musique en France, avec les maisons d’opéras et les orchestres permanents. Ces nombreuses formations de toutes tailles, représentent 20 % des ensembles de musique classique en France – une musique classique qui s’étend de l’époque médiévale aux créations contemporaines. Aujourd’hui, environ 40 % des concerts joués par les ensembles membres de la Fevis sont baroques, et 25 % de répertoire XXe siècle ou de création.

Attentive à rassembler ces ensembles aux intérêts communs, la Fevis se bat pour que  les ensembles fassent valoir le rôle que jouent ces structures dans le paysage musical, auprès de l’Etat et des collectivités territoriales comme du grand public. Le nouveau président de la Fevis, Jacques Toubon, ministre de la Culture de 1993 à 1995 et passionné de musique classique, leur ouvre également des portes pour être encore plus actifs.

Petits ensembles ou grands orchestres indépendants font l’objet tous les deux ans d’une grande enquête organisée par la Fevis. On y apprend ainsi qu’en 2010, la centaine d’ensembles de la fédération a donné 3 000 concerts au total, écoutés par 1 200 000 spectateurs, à raison de 35 concerts par ensemble en moyenne.
L’année 2013 devrait être plus difficile pour ces ensembles à cause des annulations de concerts dues à la crise. Cependant, « la musique baroque a trouvé son public, il suffit de voir : c’est salle comble partout » affirme Catherine Desbordes, déléguée générale de la Fevis.

Ajouter de la vie aux jours

Vendu à plus de 120 000 exemplaires alors que le tirage initial en mars 2011 était de 5000 , Deux petits pas dans le sable mouillé est devenu un véritable phénomène éditorial. Une maman, Anne-Dauphine Julliand, y raconte la vie de sa petite fille Thaïs, atteinte d’une maladie dégénérative. Avec son mari Loïc, ils vont accompagner l’enfant jusque dans ses derniers mois.

Mais alors qu’on attend les larmes et la spirale vers la mort, on voit une famille qui continue à mener son existence selon un nouvel équilibre, où la vie et la joie surgissent là on on les attend le moins. Ainsi la petite Thaïs trouve le moyen joue à cache-cache avec sa maman, alors qu’elle a perdu la vue et l’ouïe.

Le deuxième enfant de Loïc et Anne-Dauphine, Azylis, est atteint de la même maladie, la leucodystrophie métachromatique. Ils vont tenter une greffe de la moëlle osseuse. Se battre toujours pour que leurs deux filles soient heureuses, parce que l’on peut, selon une phrase du Pr Bernard, « ajouter de la vie aux jours lorsqu’on ne peut plus ajouter des jours à la vie. » Pour que la mort de Thaïs ne soit pas une défaite.

Un témoignage poignant, écrit avec des phrases vives et courtes, par lequel le lecteur touche une réalité intime et réelle : l’amour des parents peut renverser le courant et rendre la vie très riche, quand bien même elle ne peut être comme les autres.

A REGARDER : Une interview d’Anne-Dauphine Juilland sur France 5.

Fragments d’actu n°4

Des articles intéressants et non exhaustifs de l’actu de la semaine dernière. Bonne lecture !

Campagne. Qui est vraiment Jacques Cheminade ?

Un président doit-il être cultivé ?

Nicolas Sarkozy promet de lutter contre l’inflation des normes en tout genre.

Dans la série « absurde », les taxes insolites – sur les numéros surtaxés, sur le chocolat blanc, sur les compositions florales…

Culture. Des centaines de nouveaux petits éditeurs chaque année.

Les enfants aiment voir Molière.

Le succès d’Intouchables en Europe.

Internet au coeur des débats : un prof piège ses élèves qui copient sur Internet, des logiciels de surveillance parentale, les 6 ans du presque incontournable Twitter, un salon de coiffure plateforme de piratage.

Le docu de la semaine. Les concubines en Chine.

Saison. Pourquoi l’équinoxe de printemps est le 20 mars et non le 21, pour les 90 prochaines années.

Europe. Le débat français sur l’Europe fait réagir les dirigeants européens.

La Grèce veut croire que la croissance reviendra dans deux ans.

Entraide. Belle initiative de l’association nantaise « Toit à moi », qui héberge des personnes sans abri.

Monde. Les plus gros employeurs mondiaux : l’armée américaine en 1er, McDonald’s en 4e.

The Guardian ironise sur les JO de Londres cet été.

Islamisme. Les soldats perdus du djihad. Et si même les femmes s’y mettent…

L’article qu’on ressort. Un écrivain célèbre parraine un petit sur le bandeau du livre : c’est le principe du « blurb ».

Médias. 69 % des Français lisent au moins un titre de presse écrite chaque jour.

 

Fragments d’actu n°3

Nouvelles intéressantes, postitives ou marquantes : les articles de presse de cette semaine de ces « fragments d’actu » !

Monde. Les Suisses refusent de passer de quatre à six semaines de congés annuels.

Le Prix du net-citoyen remis à des activistes syriens.

Les psychiatres à l’aide des militaires en Afghanistan.

Contrainte d’épouser son violeur, elle se suicide : les Marocaines se mobilisent.

La vidéo de la semaine. Très amusant : Nicolas Canteloup imite Nicolas Sarkozy, en sa présence.

Politique. Sarkozy, Hollande et Bayrou affrontent en direct les chefs d’entreprises.

Deux infographies du Figaro plutôt bien faites : un comparatif des programmes des candidats à la présidentielle, et des portraits des candidats désormais définitifs (famille, études, salaire…).

Société. Un pédopsychiatre met en garde contre la garde alternée pour les moins de 6 ans.

Le Président invite Twitter à ouvrir un bureau en France.

Santé. Un foetus opéré du poumon in utero avec succès.

Culture. Les références intellectuelles de François Bayrou.

Les 20 ans du choeur Accentus, dirigé par Laurence Equilbey.

L’anglais, compris par 4 milliards de personnes dans le monde : atouts et effets pervers

Le charme des parlers régionaux.

Le docu de la semaine. Sur la Maison d’éducation de la Légion d’honneur à Saint-Denis.

 

Fragments d’actu n°2

Des articles de la presse des huit jours précédents, intéressants et non exhaustifs. N’hésitez pas à partager les vôtres dans vos commentaires ou en me les envoyant à carnets.dimelda@laposte.net

Politique. Une analyse de Françoise Fressoz qui compare François Fillon et Raymond Barre.

Sciences. Des cordes de violon… en soie d’araignée.

Monde. L’exception en Russie et en Bulgarie : les dirigeantes gagnent un peu plus que les dirigeants.

Cette Suisse qui attire des travailleurs frontaliers : 64 600 de plus en cinq ans.

Chouette, baisse du nombre d’accidents d’avion.

En Egypte depuis un an, des pilleurs de tombes.

Insolite. Le médicament qui rendrait moins raciste.

Société. L’hypersexualisation des petites filles dénoncée par un rapport parlementaire.

Le travail grignote sur la vie privée des salariés.

Le service civique pour les jeunes, premier bilan.

Saveurs. Le Nutella sérieusement concurrencé

La vidéo de la semaine. L’excellente parabole des Tuileries, sur l’économie de la culture.

Economie. 500 000 victimes d’escroqueries bancaires en 2010.

Ile-de-France. Les 6 raisons du dysfonctionnement du RER.

Technologies. Le téléchargement légal s’envole après la fermuture de Megaupload.fr

Un an après Fukushima. Un moine japonais écrivain écoute des victimes.

Education. Un très utile résumé des propositions pour l’éducation de chaque candidat.

Reportage dans une « twittclasse » de CM1 parisienne, qui utilise Twitter.

Rigolo. Sarkozy et Hollande sont cousins

Culture. Un nouveau Figaro Hors-série sur le peintre Degas.

 

Fragments d’actu n°1

Nouvelle rubrique dans Les Carnets d’Imelda : des articles parus dans la presse pendant la semaine précédente, présentant un intérêt particulier, dans les domaines culturels mais aussi politiques, économiques, sociaux et autres. Positifs, amusants, oubliés…  Ils ne forment évidemment pas de résumé de l’actualité des jours précédents.

Politique. Le Conseil constitutionnel censure la loi française sur le génocide arménien.

Un article passionnant sur la nouveauté de cette année : la playlist des candidats à la présidentielle, et le rôle de la musique dans la campagne.

Des candidats à la présidentielle s’entretiennent sur la laïcité, la dignité humaine avec les francs-maçons du Grand Orient de France – cliquer sur « programmes » (nourrissons l’éternel marronnier des francs-maçons). A ce propos, un amusant générateur de marronniers (ces sujets qui reviennent sans cesse dans la presse).

Les vidéos de la semaine. L’éléction présidentielle française selon la CNN. Et l’humoriste Laurent Guerra qui imite Nicolas Sarkozy… devant le président lui-même (photo).

Monde. Au moment de la réélection de Poutine à la présidence russe, on peut lire sur les électeurs de celui-ci et aller le découvrir dans sa datcha.

Agriculture. On rappelle que 400 à 800 agriculteurs se suicident chaque année (presque 2 par jour !). Mais aussi qu’un quart des jeunes agriculteurs sont nouveaux ou presque dans la profession.

La question de la semaine : Y a-t-il encore des dandys en France ?

Insolite. Un cerf provoque la fermeture de l’autoroute A28 dans la Sarthe.

Médias. Les journalistes pris en otages  ne font-ils pas l’objet d’un emballement disproportionné, par rapport aux otages non-journalistes ?

Sur Arte, la journaliste Sophie Massieu (photo), aveugle de naissance, arpente la planète. Un extrait (impressionnant) ici.

Société. Les éthylotests seront obligatoires en voiture à partir du 1er juillet.

Education. Les écrans et les enfants : à quel âge ?

Culture. Mercredi 7 mars, paraîtra le troisième tome des aventures de Pénélope d’Adrien Goetz : Intrigue à Venise. Nous avions évoqué les deux premiers (ici et ) avec enthousiasme, face à ces intrigues plaisantes et bien documentées.

Le programme du 14e « Printemps des poètes » sur le thème « Enfances », du 5 au 18 mars.

Religion. Pour le Carême, des catholiques font le jeûne de réseaux sociaux.

Le site de la semaine. Quaeres, le générateur d’insultes philosophiques. Et un blog du Sénat pour informer à propos de la carte scolaire.

 

Strasbourg : étudier dans la vallée du Rhin à coût réduit

A la Journée des universités de Strasbourg (JU) les 2 et 3 février, un stand présentait les possibilités d’études à l’étranger. Le réseau Eucor, qui permet aux étudiants strasbourgeois d’étudier dans un ou plusieurs campus de 5 universités du Rhin, propose désormais une bourse de mobilité. 

Une seule carte d’étudiant pour cinq universités (Strasbourg, Mulhouse, Fribourg, Karlsruhe et Bâle, photo) : c’est depuis 20 ans le concept d’Eucor. Ce réseau permet de créer son parcours à la carte dans des universités d’Allemagne, de Suisse et de France. Il suffit des choisir des cours dans un projet cohérent, et de les faire valider par le correspondant Relations internationales de sa faculté.

« Le financement est souvent la barrière la plus importante pour des études à l’étranger, avec celle de la langue », déclare Lucie Gonin, dela Direction des Relations internationales de l’Université de Strasbourg (UDS). L’UDS propose une bourse de 100 euros par mois à chaque étudiant qui effectue au moins un semestre dans une des universités partenaires. Cette bourse est cumulable avec une bourse sur critères sociaux.

Elle ne l’est pas cependant avec une seconde aide de l’UDS, qui concerne les étudiants du réseau Eucor qui suivent un cours isolé ou étudinte une matière secondaire complète. Selon l’université et le nombre de déplacements, l’aide oscillera entre 16 et 40 euros par aller-retour. Il faudra bien sûr justifier de sa présence et de ses titres de transport.

250 universités partenaires

L’ouverture à l’international est évidemment un objectif qui s’étend au-delà de la vallée du Rhin. Si une étudiante demande au stand quels sont les échanges avec la Suisse, une autre, en 1ère S à Barr, déclare être « intéressée par les langues et la musique ». Elle n’a pas de destination favorite en tête, mais 250 universités hors d’Europe lui seront proposées, pour partir dès la deuxième année d’études. Dès la première année, elle pourra s’informer à la direction des Relations internationales de l’Université de Strasbourg, situé au Patio. Elle rejoindra les 900 étudiants de la fac qui partent chaque année pour de nouveaux horizons.

 

Clowns médecins

De grandes photos d’hommes et de femmes au nez rouge, d’enfants cancéreux rieurs, de parents non moins souriants… C’est ce que nous propose l’exposition Nez rouge toi-même à l’Hôtel de Ville de Paris jusqu’au 18 février. Elle rend hommage à l’action de l’association « Le Rire médecin », qui fête ses vingt ans.

Des photos de Jacques Grison montrent les 87 clowns formés et rémunérés par l’association, qui interviennent auprès d’enfants malades. Deux clowns interviennent chaque semaine pendant un an dans chaque chambre d’un service. Ils vont dans 14 hôpitaux en région parisienne et en province. L’enfant qui rit oublie ses soucis, et facilite le traitement des soignants.

Une explosion de couleurs et de mouvements, sur fond sonore de rires enfantins. Charmant.

Hôtel de Ville de Paris. Tous les jours de 10h à 19h. Salons des Prévôts et des Tapisseries. Entrée gratuite.