Dans la tête d’un jeune compositeur

A quoi pense un compositeur quand il crée un générique de court-métrage ? Alexandre L. a 23 ans, il est étudiant en composition au Conservatoire national supérieur de Musique et de danse de Paris (CNSMDP). Nous sommes allés chez lui l’écouter créer un morceau, à l’aide de son clavier et de son séquenceur numérique. (Reportage d’Imelda.)

Avez-vous vos papiers ?

Lorsqu’on voit sur de grands panneaux au Musée du Louvre Le papier à l’oeuvre, une exposition en partenariat avec la marque Canson, on imagine Monet-bis, quelque chose de majestueux, une fresque immense, un papier peint d’oeuvres. On se retouve dans une seule salle avec une soixantaine d’oeuvres, charmantes souvent, hermétiques parfois, insolites surtout.

Car le papier, ce n’est pas que votre copie de bac ou votre facture d’électricité. C’est aussi un support artistique, qui a pu être modifié, manipulé, soit de manière fortuite, soit à dessein. Par exemple, on découvre un dessin de Rembrandt – Cours d’eau aux rives boisées – qu’il a fait au dos d’une recette, non pas de pâté en croûte, mais d’eau-forte. Dans la section « Papiers assemblés et multipliés », on peut voir le projet d’un polyptique par Lucas Cranach (XVIe siècle), avec les petits volets en papier. Plus loin, on aperçoit la Maquette pour Tartuffe de Molière faite par Braque pour une mise en scène de Louis Jouvet en 1949.

Jean Frédéric Oberlin, Huit portraits masculins et féminins en silhouettes - exposition Le papier à l'œuvre

Petite pièce atypique, Huit portraits masculins et féminins en sillhouette vers 1780 par Jean-Frédéric Oberlin (ci-dessus) est un bon exemple de ce que l’on peut voir de charmant dans cette exposition. Au-delà des termes techniques (papier vergé par exemple), on prend plaisir à découvrir des oeuvres accessibles, à quelques exceptions près. Le Sans titre de Christian Viallat (ci-dessous), qui date de 1973, se révèle tout de même malgré la recherche plastique, plus opaque.

 

Claude VIALLAt, empreinte de corde, 1973. 

Le papier à l’oeuvre, exposition au Musée du Louvre. Aile Sully, 1er étage. Jusqu’au 5 septembre. Gratuit pour les moins de 26 ans.

 

L’hiver de vive voix

Ecouter l’ensemble vocal Accentus sous la direction de Laurence Equilbey (photo) est une jubilation en soi. L’écouter chanter ici une oeuvre au départ purement instrumentale – L’hiver des Quatre saisons de Vivaldi – est une expérience des plus inhabituelles. Parallèlement, il est intéressant de réécouter l’oeuvre du Prêtre roux ici interprétée par l’ensemble orchestral de Paris dirigé par Jean-Pierre Wallez. Accentus transforme les différents instruments en voix et paroles grâce au travail de compositeurs-transcripteurs. La pièce a été ici traitée comme un motet du XVIIIe siècle, avec basse continue.

J’eus le plaisir d’écouter Accentus l’été dernier aux Rencontres musicales de Vézelay, interprétant des oeuvres sacrées de Brahms, Bruckner et Rachmaninov. On perçoit toute la force d’expression de la voix humaine et on comprend comment l’ a cappella peut faire oublier tous les orchestres.

 

Dessiner son cheval de bataille

Dans le cadre du stage que je fais dans un journal en province, j’ai rencontré l’artiste Laëtitia Plinguet. Cette jeune femme de 33 ans, d’origine corse, dessine les chevaux depuis son plus jeune âge. Depuis son plus jeune âge aussi, elle est raide amoureuse des équidés – c’est en substance ce qu’elle affirme. Ses oeuvres, utilisant des techniques variées (fusain, encre, peinture, terre cuite…) sont à mon goût remarquables, restituant avec art la mobilité et le frémissement perpétuel du cheval.

Dans son site ici, j’admire en particulier ses esquisses.

 

 

L’art de la broderie

Vous avez bien lu. Je ne pense pas quitter le domaine de l’art en évoquant cette activité bien particulière qu’est à la broderie. En effet, écrire et dessiner avec des fils de coton, même si cela relève d’une technique bien définie et transmissible, est aussi un artisanat et même un art. Car à la différence de la couture ou de l’ébénisterie, la broderie n’est nullement utilitaire. On dit souvent « broder » pour dire « romancer » ou « orner », ajouter un supplément d’âme peut-être.
Broder, c’est créer de la beauté, gratuitement.

(Ci-dessous, une photo de la broderie que je fais en ce moment.)