Une odeur de basilic

Le secret d’une bonne sauce tomate, ce sont des morceaux de feuilles de basilic dedans. Voici quelle a été ma dernière révélation culinaire. Ah, la gastronomie romaine… Tout un mythe. Pâtes-et-pizza-what-else ? Eh bien, au risque de vous choquer : oui.

Non pas parce qu’une chaîne de restaurants italienne se nomme Pasta e pizza, même si elle s’adresse sans doute surtout aux touristes. Mais parce que même une de mes colocataires, Française habitant Rome depuis six ans, m’a raconté que ce qu’elle aimait quand elle rentrait en France, c’était quitter le duo pâtes-pizza, pour des plats avec de la viande, plus cuisinés et variés… Alors que ces plats plus élaborés en Italie est plus rares car plus chers.

Vous l’aurez compris, les pâtes  sont réellement la base de l’alimentation romaine. Les fameuses spaghetti alla carbonara sont une création de la ville. Il y a même un musée des Pâtes alimentaires sur le Quirinal. Penne rigate (tuyaux de plume), farfalle (papillons) et autre fusili (tortillons) se disputent donc la vedette avec les pizzas. Celles-ci ne se limitent pas à la sauce tomate et aux trois fromages, mais sont garnies d’éléments que les Romains aiment également picorer : les légumes marinés dans l’huile, l’ail et le basilic. Poivrons, champignons, coeurs d’artichaud sont de consommation courante. La mozzarella aussi, évidemment. Autre truc à grignoter, le bruschetta, petit pain grillé frotté d’ail et d’huile d’olive.

Dans la moindre supérette – ici c’est Despar et… Carrefour aux rayons italianisés -, il y a un « comptoir » avec un employé pour le rayon fromage à la coupe (ou emballé), et un autre pour le rayon charcuterie. Fromages à pâte dure pour la plupart, comme le parmesan ou le fontal, et côté charcuterie, le prosciutto (jambon) se taille la part belle avec le saucisson.

Par ailleurs, comme dans d’autres pays – j’avais vu cela en Suisse -, les portions sont plus petites et moins nombreuses, même dans des magasins plus grands que des épiceries. 125 g de mozzarella, que voulez-vous qu’on en fasse ? Surtout, les yaourts se vendent par deux et moins souvent par quatre, encore moins par huit, ce qu’on trouve dans un lieu de vente de même taille à Paris. Tant pis !

Côté desserts, un peu de tiramisu évidemment, pas mal de gâteaux secs différents, et puis bien sûr, les glaces. Les gelati sont mangées à tout moment de la journée, et de l’année. Des goûts, il y en a pour tous, même le melon, le yaourt et l’ananas. Par contre, le glacier vous les donne trop volumineuses et parfois déjà un peu fondues, ce qui les fait misérablement dégouliner sur vos vêtements (vécu).

Enfin pour les boissons, on trouve des jus de fruits moins courants comme celui d’orange sanguine ou de pêche. Sodas, bières, vin blanc, vin rouge (le fameux chianti), café, capuccino… Vous connaissez la chanson. Et puis surtout, le plus déshydratant dans cette ville de chaleur : l’eau. On trouve des fontaines d’eau potable à tous les coins de rues. C’est, ma foi, assez précieux.

 

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Penser la boulangerie

Après Penser la peluche, c’est au tour des petits et grands pains de passer sous le coup de la pensée (à ne pas confondre avec la pesée). Car la boulangerie est l’incarnation vivante d’une conception du temps. Avez-vous remarqué ? Une baguette cuite le matin passe rarement le cap de la nuit suivante au magasin. Chaque jour, de nouveaux pains de campagne, croissants et flûtes Gana naissent, vivent et meurent. C’est-à-dire : meurent à la vie publique, la vie de la vente, la vie qui vaut la peine d’être vécue. Invendus, ils végètent probablement dans le sac à pain de la famille du boulanger, ou, destinée plus louable, dans des associations caritatives.

Mais le vrai pain vit une journée. La boulangerie est le lieu d’un renouvellement constant, sans répit, sans indulgence pour la vieillesse. C’est le lieu du présent, de l’instant, de l’éphémère. Le pain de seigle rend heureux un ou deux jours, puis est sacrifié sur l’autel de la nécessaire manducation. Le pain, c’est le temps croqué, avalé, dévoré.

La mort de la boulangerie, c’est la machine à pain domestique. Pourtant, celle-ci est aussi le microcosme de la reconduction éternelle du temps panifié.

 

 

Verrines pommes cuites et chocolat

« Les Français ne mangent pas comme les autres. Un repas, surtout de fête, est toute une affaire, avec une préparation et des rituels, inscrits dans la culture populaire. C’est ce qu’a reconnu mardi l’Unesco en classant le « repas gastronomique des Français » au patrimoine immatériel de l’humanité » disait Le Point du 16 novembre dernier.

Sur ce prétexte, je vous livre en ces temps de fêtes une recette copyright Imelda.

Dans des verrines, introduisez successivement :

– une cuillère de crème fraîche

– quelques miettes de cookies

– des pommes cuites finement émincées revenues avec du miel

– un soupçon de chocolat fondu

– des amandes effilées.

Ces verrines peuvent être servies en complément d’un dessert, ou pour un cocktail.

Le devineriez-vous ? Une des pages les plus visitées de ce blog est celle de la recette des amaretti…

 

Le gaspacho

Ce mot espagnol vient du même espagnol casposo, « plein de petites pellicules, de résidus ». En effet, la soupe froide andalouse à laquelle correspond le nom est souvent agrémentée de miettes de pain. Mais certains disent que le nom viendrait du mot gazpacho qui est un plat de terre cuite dans lequel on préparait ce potage. Un ami m’en a fait goûter récemment, du simple « gaspacho » en brique Carrefour (attention, ceci est une pub !), c’est délicieux et rafraîchissant en ces jours estivaux. Je n’ai pas essayé la recette suivante, mais elle me semble tout à fait convenable.

Il existe d’autres types de gaspacho, comme celui de la Manche en Espagne, et qui tient davantage du ragoût de viande.

 

Pour 6 personnes. 500 g de tomates. 200 g de concombre. 200 g de poivron vert. 1 oignon. 100 g de pain. 2 gousses d’ail.  1 pincée de cumin. 20 cl d’huile d’olive. 2 cuillers à soupe de vinaigre de Xérès. Sel et poivre.

  1. Lavez les tomates, le poivron et le concombre. Pelez-les et épépinez-les. Epluchez l’oignon.
  2. Réservez une petite quantité de ces légumes pour la garniture du gaspacho et hachez le reste.
  3. Réservez également une petite quantité de pain pour la garniture. Mélangez le reste du pain émietté avec les légumes hachés.
  4. Pelez et pressez les gousses d’ail. Dans un saladier, mettez successivement, l’ail pressé, le sel, le cumin, l’huile d’olive et le vinaigre. Ajoutez le mélange légumes et pain et délayez à l’eau froide. Placez cette préparation au réfrigérateur pendant 2 à 3 heures.
  5. Mixez ce mélange pour obtenir une soupe onctueuse. Rectifiez l’assaisonnement si besoin.
  6. Au moment de servir, préparez la garniture : coupez le pain et les légumes que vous avez réservés en petits cubes.
    Servez le gaspacho glacé en présentant la garniture à part pour que chaque convive puisse se servir à sa convenance.

Source.

 

Essai d’hypotypose

Une hypo-quoi ? Encore un de ces mots pédants. Cette Imelda, elle est bien contente de montrer qu’elle est en khâgne. Quelle honte. Tout se perd. Enfin, penchons-nous sur la question ; une hypotypose, nous dit-on, est « une figure qui regroupe l’ensemble des procédés permettant d’animer une description au point que le lecteur « voit » le tableau se dessiner sous ses yeux. »

Aussi vais-je essayer ce petit jeu littéraire qui est d’évoquer un certain spectacle, de façon telle qu’il vous semble palpable ; puis je vous donnerai mes filons, découverts au moment même de l’écriture. Une expérience d’errance amusante, comme beaucoup d’autres dans la République des lettres !

« Sur la jolie table blanche de jardin se pressaient mille délicieuse victuailles : un gros fraisier fait d’un biscuit léger aux amandes, d’une bonne crème pâtissière sucrée et délicieuse, de fraises rouges si savoureuses. Un gâteau au chocolat avec le coeur noir fondant sur la langue, et la croûte qui craque. Des boules de glace froide contre les dents, grasses, à la pistache piquante. Avec des cigarettes russes croustillantes qui font des miettes sur la table. Une pêche à la peau veloutée avec son duvet léger, jaune et croquante à l’intérieur, dont le jus dégouline sur les doigts en les poissant. Un yaourt blanc et frais, avec son odeur acide de lait, onctueux dès qu’on le mélange. Du jus multifruits orange, fluide liquide fruité qui clapote dans le verre. Des abeilles qui rôdent dans l’air chaud. Des macarons multicolores croustillants dehors, fondants dedans. Des raisins vert transparent. Des mandarines acides. Des noix craquantes. Avec une limonade très fraîche et pétillante. »

Avez-vous faim, ou tout au moins envie de ces choses ?

Si oui, mon pari et gagné. Sinon… tant pis, ce n’est pas grave. Vous bénéficierez quand même de mes petites astuces propres à nous mener sur les voies merveilleuses de l’hypotypose. D’abord, essayer d’évoquer tous les sens : la vue nous est la plus spontanée, d’autant que lorsque nous voyons un mot écrit nous nous le représentons d’abord (souvent !) visuellement. Mais ne pas hésiter à dire des odeurs, des senteurs, des bruits et des sensations tactiles. Aller dans le détail concret. Eviter toutes les abstractions, même par exemple le mot « goût ». Volontiers forcer le trait, exagérer. Accumuler.

Tout ça, c’est le pouvoir du langage. Et blablabla.

 

Les amaretti

Dans le cadre de notre voyage italien, voici une recette de délicieux petits biscuits aux amandes, qui sont connus comme étant le macaron italien. Je l’ai testée hier pour vous.

2 blancs d’oeufs. 150 g de sucre. 250 g d’amandes. Un sachet de sucre vanillé. Quelques cuillères de sucre glace.

Préchauffer le four à 160°C. Battre les blancs d’oeufs en neige. Ajouter le sucre et mélanger délicatement. Ajoutez les amandes en poudre et le sucre vanillé. Mélanger toujours délicatement. Mettre du papier sulfurisé sur la plaque du four. A l’aide de deux cuillères à café, faire de petits tas de pâte de la grosseur d’une noix, espacés de 4 cm. Saupoudrer légèrement de sucre glace. Laisser cuire 25 minutes. A conserver dans une boîte hermétique.

On peut parfumer, plutôt qu’à la vanille, au jus de citron ou à la cannelle.