Un long jour d’été devant la cathédrale de Chartres

Claude Monet avait peint une série de trente tableaux de la cathédrale de Rouen, sous le soleil ou le brouillard. Le 3 juillet, j’ai pris toutes les heures une photo de la façade ouest de la cathédrale de Chartres (voir diaporama plus bas). Tâche rendue plus facile par la situation de l’appartement, dans une petite rue à 100 mètres à vol d’oiseau des tours de l’édifice. De 5 heures à 23 heures, le soleil et l’ombre jouent un ballet sur la pierre de ce joyau gothique.

21 heures
5 heures, 6 heures. Mon mari prend les photos, je dors.

7 heures. Lumière orangée du petit matin, qui rappelle peut-être celle de Provence et réchauffe le crépi des façades. Fraîcheur.

8 heures. Parmi le silence, les éboueurs passent.

9 heures. Longs sifflements d’hirondelles, roucoulement lointain des pigeons. Le ciel est bien bleu désormais. Quelques passants.

10 heures. La chaleur commence à arriver doucement, il fait 22°C. Une odeur de pain très cuit affleure, sans doute de la boulangerie ou de la pizzeria proches. Corbeaux et hirondelles traversent les tours de la cathédrale.

11 heures. Un papillon blanc, un avion au loin. Le soleil inonde la ville, préservant des parts d’ombre au creux des rues. Bruit de travaux au loin (ou un aspirateur ?). Murmure des gens à manches courtes, claquement des talons.

Midi. Il fait très chaud. Indéniablement, c’est l’été. Un vrombissement de tonte de pelouse. Douze coups de midi.

A visionner en plein écran :

13 heures. La façade occidentale passe du côté de la lumière. On entend les couverts du restaurant proche, des cris d’enfants, le bleu du ciel fonce et quelques petits nuages s’effilochent.

14 heures. Le portail royal est maintenant ébloui par un soleil au zénith. Il fait 27°C. Une envie de sieste, quelques touristes à casquette, les fenêtres entrouvertes et encore quelques assiettes qui s’entrechoquent.

15 heures. La pierre de la cathédrale chauffe à plein. Milieu d’après-midi calme.

16 heures. Le soleil continue sa course vers l’ouest, diffusant un maximum de chaleur. Les passants marchent doucement. Un voisin regarde probablement un match de coupe du monde de foot.

17 heures. Une brise soulève les cheveux et les rideaux.

18 heures. Le ciel pâlit un peu à l’ouest, les ombres commencent à s’allonger, la lumière à jaunir. Les bâtiments retiennent la chaleur accumulée. Poussières et toiles d’araignée errent dans l’air.

19 heures. Le soleil baisse, la lumière prend des teintes orangées, réchauffant le teint crayeux de la cathédrale.

20 heures. Le ciel pâlit encore un peu, comme couvert de brume. La rosace brûle sous les feux directs du soleil. Les hirondelles se font plus bruyantes, cent petits bruits résonnent.

21 heures. L’air est toujours empesé de chaleur. De bonnes odeurs de nourriture flattent les narines. Le poids du jour glisse le long des discussions attablées.

22 heures. Le soleil est parti se coucher, emportant la couleur du ciel. Mais il fait jour encore, et chaud. Les rues sont plus animées que jamais, des jeunes dans un appartement en face écoutent « Les démons de minuit ». La cathédrale semble, pour un moment, retomber dans l’ombre.

23 heures. La nuit est tombée, quelques lampadaires allumés. Des voix jeunes parlent fort. Les ombres et les silhouettes lumineuses glissent sur la cathédrale, c’est l’événement quotidien Chartres en lumières, qui va se jouer jusqu’à une heure du matin, relayé par de simples spots, avant qu’un jour nouveau se lève sur la dame millénaire.

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10 moyens de se mouvoir au parc du château de Versailles

Le printemps est arrivé et ce blog reste bien silencieux… Un événement important se prépare pour l’auteur de ces lignes (J -13) et le temps file à grande vitesse. Voici néanmoins quelques photos prises au parc du château de Versailles, lieu de mobilité, de mouvement, de promenade et d’errance. Tracteur, vélo ou poussettes mènent sur des chemins droits ou de traverse.

Album à découvrir ICI.

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A LIRE AUSSI : Inventaire au parc de Versailles.

Les nouveaux mariages

La « wedosphère ». Quésako ? Il s’agit ni plus ni moins de la blogosphère liée au mariage. Des blogs francophones qui donnent des inspirations, des conseils, des photos. Tout un monde inconnu de la plupart et que révèle les moteurs de recherche dès lors qu’une fiancée tape le mot « mariage ». Car Mademoiselle Imelda va se marier au printemps prochain, héhé ! (Drôle de façon de l’annoncer, mais enfin là n’est pas l’objet du blog. Il s’agit d’analyse socio-webo-logique et non de jeracontemalife.com. N’empêche que c’est génial, et oui, je suis très heureuse.)

En farfouillant sur la toile donc, j’ai découvert un phénomène assez rigolo. Il y a depuis quelques années une lassitude des mariages un peu kistch. On se lasse des robes bustiers brodées de perles (le fameux bustier qui ne sied qu’à très peu de personnes – minces -, et que toute mariée se croit obligée de mettre), des chignons laqués et dégoulinants de boucles, de l’inévitable pièce montée, des photos posées un peu guindées.

Un mariage vintage (Blanc coco photographie)

On s’inspire alors des blogs de mariage anglo-saxons, qui foisonnent (un seul exemple : Style me pretty, 120 000 fans sur Facebook). Et les noms des nouveautés restent en anglais. Les robes sont désormais plus droites et fluides, parfois courtes. De la dentelle romantique subsiste, tendance vintage. Des fleurs et des « hairbands » s’invitent dans les cheveux. Des fanions, guirlandes de papier, pompons en papier et petits cadeaux pour les invités sont fabriqués, reprenant le nom anglais de DIY (Do It Yourself).

A table, « wedding cakes » blancs font leur apparition et « candy bars » (bars à bonbons, photo) innovent. On veut du fait-maison, de la fraîcheur, du « chic et champêtre ». Les mariés, moins croyants, remplacent l’église par une « cérémonie laïque ». Les témoins-demoiselles d’honneur habillées pareil comme aux Etats-Unis sont à la mode.

Photo Karen Casero

Les photos sont moins posées, on prépare un photobooth » pour les invités : des accessoires (genre moustaches et lunettes) qui rendent les photos plus rigolotes. On réalise d’ailleurs une « séance engagement », « lifestyle », où le couple est pris en photo dans une volonté de spontanéité, dans des rues ou à la campagne. Il y a même une séance « trash the dress » : après le mariage, on salit la robe définitivement dans l’eau ou les buissons.

credit photos - PaulineF Photography - mariage en violet -blog mariage La mariee aux pieds nus

Pauline F. Photography

Surtout, les photos sont passées au filtre vintage, pour des couleurs contrastées ou pastel. Influence d’Instagram, et tout. Une sorte de façon de créer une bizarre « nostalgie du présent », comme le soulignait une blogueuse.

En témoignent les principaux « blogs mariage » francophones : Un beau jour, Le blog de Madame C, Des idées pour un joli mariage, La Mariée aux pieds nus, La Mariée en colère, Mademoiselle Dentelle, La Fiancée du panda.

Cependant, les fiancées en ont parfois assez de certains de ces blogs qui présentent des mariages idéalisés, sous air conditionné, impeccables et déprimants. Réflexions ici et , sur des questions d’un microcosme amusant à découvrir.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Vatican

Titre racoleur, certes. Bien que deux semaines se soient écoulées depuis mon retour de Rome et que la rentrée soit déjà avancée (formation en journalisme + alternance dans un média culturel), je voulais conclure ce séjour romain par quelques vues des Jardins du Vatican. Que se cache derrière l’immense basilique Saint-Pierre, les plaisants gardes suisses ? Réponses en images.

Les Musées du Vatican

La Pinacothèque

Diaporama : Rome, « une profusion de sources et d’eaux jaillissantes »

« Je n’imagine point d’ornements dans une ville comparables à cette profusion de sources et d’eaux jaillissantes ; elles me font plus de plaisir encore que les bâtiments.

Les grandes sont toujours d’un goût noble, les petites d’un goût agréable, qui quelquefois dégénère trop en badinerie (…) ; mais dans les grandes, ce ne sont plus des filets d’eau, ce sont des torrents, des rivières entières qui s’échappent de tous côtés. »

Charles de Brosses, Lettres d’Italie, 1739-1740

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Un dimanche à Castel Gandolfo

A Castel Gandolfo, petite commune de 9 000 habitants à 25 km au sud-est de Rome, que pourrait-t-il bien se passer ?

Depuis le XVIIe siècle, c’est dans cette cité à l’aplomb du lac d’Albano que les papes ont établi leur résidence d’été, loin de la foule et du bruit romain.

 

Le pape Benoît XVI y habite cet été depuis début juillet jusqu’en septembre. Aussi, pour voir le souverain pontife, il faut prendre le train le dimanche pour assister à l’Angélus récité par le pape, à midi. L’unique train régional à s’y arrêter ce matin-là est donc rempli de pélerins, de prêtres et de religieuses, et de touristes.

Quarante minutes après le départ de la gare de Rome Termini, nous sommes arrivés. L’air est déjà brûlant. La place du palais pontifical est gardée par des carabinieri qui effectuent un bref contrôle ; le lieu est une extraterritorialité de la Cité du Vatican, nous quittons donc l’Italie et même l’Union européenne. Pourtant l’ambiance est paisible, vacancière, entre boutiques de souvenirs et l’église paroissiale baroque qui sonne les cloches de la messe dominicale.

La foule commence à faire la queue devant le palais pontifical. Elle s’abrite du soleil avec des ombrelles de touristes et des drapeaux. Vers 11 heures, les pélerins peuvent pénétrer dans la cour du palais. Environ 500 personnes s’amassent devant le balcon où l’on peut voir le blason de Benoît XVI.

Pour tromper l’attente, des personnes font connaissance : un couple serbe discute avec deux Espagnoles surexcitées et un couple brésilien. Puis ils bavardent avec un jeune prêtre russe en col romain. Des pèlerins appellent : « Be-ne-det-to ! » – le prénom du pape. L’effervescence est palpable, d’autant que les gens se voient sur le grand écran situé à gauche du balcon. Des caméras sont là ; des télévisions catholiques retransmettent l’Angélus.

Les gardes suisses pontificaux en uniforme officiel rouge, jaune et bleu sont également présents. Gardiens du pape, ils doivent être de nationalité helvétique, avoir entre 19 et 30 ans, être catholiques, célibataires, et  mesurer au moins 1,74 m.

Midi moins cinq… Bavardages en toutes les langues, chants, attente.

Midi, enfin. La lumière du balcon s’est allumée, le pape arrive sous les acclamations et les applaudissements.

 

Vêtu de blanc, le pape semble heureux de voir ces gens venus pour certains de très loin. Il paraît tout petit et fragile. Voir cet homme de 85 ans est émouvant ; non pas l’apercevoir en chair et en os après l’avoir vu souvent sur les photos et écrans. Mais parce qu’il porte une Eglise d’un milliard de fidèles sur la planète ; une Eglise en déclin en Europe mais en croissance en Afrique et en Amérique du Sud. Une Eglise avec ses faiblesses et son dynamisme, ses dérives et ses bienfaits.

  

Après une brève allocution en italien sur l’évangile de ce dimanche,  le pape récite l’Angélus, prière à la Vierge Marie dite le matin, le midi et le soir. Puis il remercie en français, anglais, espagnol, italien et polonais les pélerins d’être venus, avec un mot différent à chaque fois. Les pélerins de ladite nationalité se manifestent par des cris d’enthousiasne ; les hispanophones sont les plus bruyants…

C’est déjà fini ; après de nombreuses salutations de la main, le pape se retire. Il est midi et quart.

 

La foule sort du palais, contente. Elle se disperse pour déjeuner ou se promener au bord du lac d’Albano.

Voilà ce qui se passe, chaque dimanche d’été, dans un bourg du Latium.

 

Midi à Saint-Paul-hors-les-murs

« Heures de Rome », avais-je promis avant de partir pour la Ville éternelle. Ces heures où l’aiguille de la montre est suspendue, ces très riches heures où le tableau est figé et éternisé. En voici une.

Hors-les-murs. C’est hors les murailles antiques que se tient la basilique, comme posée au milieu du calme des faubourgs. Hors de la ville, car c’est là où avaient lieu les décapitations. Comme celle de l’apôtre Paul en l’an 67, à quelques kilomètres.

Ici fut construite au IVe siècle une basilique, ravagée par les flammes en 1823 – Stendhal en évoque les ruines dans ses Promenades dans Rome. Reconstruit, l’édifice d’aujourd’hui semble récent. Le portique que vous contemplez ci-dessous, entouré de colonnes, a un siècleà peine .

Qu’importe. Il est midi. L’heure est blanche, le ciel intact. Le touriste, rare. Air brûlant, qui calcine la contingence, le temps. Silence – oublié le bruit du centre ville. Ici, à peine le grésillement des grillons. Parfum de lauriers roses. Une mouette traverse le bleu azur. La mer n’est qu’à une vingtaine de kilomètres. Un palmier au milieu de l’atrium, cela fait presque île paradisiaque. Il est midi. Le paradis n’est pas loin.

 

Une odeur de gasoil

Il suffit de quelques jours pour comprendre : Rome, c’est le règne du moteur. De l’automobile, du taxi blanc bondissant, du scooter coloré. Ce n’est pas parce que les Vespa sont un mythe, qu’elles peuvent tout se permettre. Une de mes collègues a rencontré Nanni Moretti (lui-même) dans un café du Trastevere. Il lui a dit : « Pour bien vivre à Rome, il faut… un scooter. »

Pourtant, ça  a l’air dangereux. Mais c’est joli, ces chevaux vrombissants verts, blancs ou rouges. Et puis il y a derrière, les Volkswagen, les Ford, les Citroën, et de nombreuses Fiat. Les mini Smart font fureur, apparemment. Faciles à garer sans doute.

Et le marcheur, dans tout ça ? Il n’est pas très bien loti. Il est vrai qu’il existe des passages piéton – pas assez nombreux à mon goût -, mais la durée du « petit bonhomme vert » est vraiment courte, cela passe au orange en un éclair.

Quand il n’y a pas de feu piéton, ledit piéton doit s’imposer, avancer, passer… ou trépasser. Les touristes hésitent, mais les Romains sont habitués, et traversent tête baissée en dépit de l’approche du bus touristique à étage.

Dans des quartiers au dessin irrégulier comme le Janicule – sept collines, ça déforme un sage quadrillage potentiel des rues -, il n’y a carrément pas de trottoir. Et puis, les sirènes sont bruyantes, les klaxons n’ont aucun scrupule à résonner la nuit. Les bus sont « inattendus ». Bon, il existe dans le monde des circulations plus anarchiques qu’à Rome,  et sans doute même sans sortir de la péninsule italienne. Les voitures s’arrêtent au feu rouge, après tout. Surtout, il y a des rues exclusivement piétonnes, parce que pour regarder des fontaines majestueuses (celle de Moïse ci-dessous) ou des courettes verdoyantes, mieux vaut ne pas être concentré sur son volant.

Rome – Le quartier du Capitole

Suite de ces vues inégalées. Voici ce que dit Stendhal du Capitole dans ses Promenades dans Rome : « La petite colline, qui fut le centre de l’empire romain, n’est maintenant élevée que de cent trente-huit pieds au-dessus du niveau de la mer. » Centre religieux et politique, devenu tapis à touristes. Il est vrai que la Commune di Roma (la Mairie) s’y situe aujourd’hui :

Les statues de Castor et Pollux place du Capitole.

Vue du Forum depuis le Capitole.

Eglise San Marco.

Monument à Victor-Emmanuel II (surnommée la « machine à écrire »).

Via di monte Tarpeo (vers la Roche tarpéienne).

Rome – Le quartier du Panthéon

Quelques photos de la Ville par quartier – quand même. Certes, ces images font carte postale ; mais Rome n’est-elle pas la Cité éternelle(ment) carte postale ? Les édifices antiques ou baroques saturent l’espace. Alors voici des extraits.

Temple d’Hadrien divinisé (145 après Jésus-Christ)

Voûte en trompe-l’oeil de l’église Saint Ignace (Andrea Pozzo, 1685)

Palazzo di Montecitorio (Chambre des députés italiens)

Le Gesù (église-mère des jésuites)

Le porche du Panthéon

Coupole en trompe-l’oeil de l’église Saint Ignace

Colonne de Marc-Aurèle (180 après Jésus-Christ)