Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Vatican

Titre racoleur, certes. Bien que deux semaines se soient écoulées depuis mon retour de Rome et que la rentrée soit déjà avancée (formation en journalisme + alternance dans un média culturel), je voulais conclure ce séjour romain par quelques vues des Jardins du Vatican. Que se cache derrière l’immense basilique Saint-Pierre, les plaisants gardes suisses ? Réponses en images.

Les Musées du Vatican

La Pinacothèque

8 choses pénibles à Rome

Rome n’est pas le paradis sur terre. Evidemment, on ne passe pas ses journées à flâner au Colisée, une gelato dans un chaque main. Même si la lumière est extraordinaire et les monuments anciens magnifiques – et que passer place Saint-Pierre en revenant de faire ses courses est assez sympathique -, tout n’est pas rose. Menant ma petite enquête auprès de mes collègues français et sur des forums web d’expatriés, voici les 8 choses qui font que Rome est parfois énervant pour un Français :

1)      La circulation. Le métro ne dessert que certains quartiers. Il n’y a que deux lignes de métro – car dès qu’on creuse, il faut passer aux fouilles archéologiques. Les bus sont rares ou irréguliers, sans plan ni horaires. Quant aux piétons, ils sont loin d’être prioritaires. Pour les voitures, la circulation est assez dangereuse et manque de panneaux. Les klaxons la nuit, les sirènes bruyantes et le passage des éboueurs à 1 heure du matin est un peu pénible.

2)      L’administration. La « maison qui rend fou » dans Les Douze travaux d’Astérix, ça vous dit quelque chose ? Files d’attente, formulaires, délais sont au rendez-vous. Un exemple : pour ouvrir un compte en banque, il faut justifier de son lieu de résidence. Mais comme un certain nombre des loyers à Rome sont payés au noir, il est dans ce cas impossible de justifier sa résidence. Les hôpitaux italiens sont également désorganisés et compliqués. De plus, la corruption n’est pas qu’un mythe, et sans le tourisme, l’économie de la région sera plutôt anémiée. Même si beaucoup de Romains pensent que Rome est encore le centre du monde…

La « maison qui rend fou » dans « Les Douze travaux d’Astérix »

 3)      La chaleur estivale. Evidemment, cela concerne surtout l’été. C’est cependant assez pénible pour être mentionné. De 10 h à 19 h, il fait autour de 35°C. Il est déconseillé de sortir l’après-midi, et la plage sans parasol est un grille-peau. Si métro et commerces sont climatisés, rester dans un appartement-sauna et essayer de dormir la nuit est assez éprouvant.

4)      Le coût de la vie. Il est élevé, comme dans les capitales européennes, certes. Mais beaucoup de choses sont chères, même petites, comme le fromage. Les musées sont quasiment tous payants – alors que les musées de la Ville de Paris sont gratuits par exemple. Et surtout : les plages sont payantes ! Avec un péage de 2 à 10 euros, parasol et transat compris. 900 des 4000 km de côtes italiennes sont en effet privatisées, et même parfois autour des lacs. Quand certains tronçons de plage ne sont pas payants, ils sont sales et pas entretenus.

5)      Une nourriture trop peu variée. Pâtes au citron délicieuses, bonnes pizzas, jambon cru : oui. Mais quoi d’autre ? Huile d’olive, certes, mais pas moyen de trouver une vraie sauce salade. Rêvez toujours pour trouver une baguette croustillante ou un fromage à pâte molle (assumons notre françitude). Quant aux desserts, le tiramisu reste une référence, mais les gâteaux secs à la confiture font regretter les vitrines des pâtisseries françaises, si contrastées.

6)      Les touristes. Présents toute l’année – avec un seul creux en janvier et février –, ils sont aussi éternels que la Cité du même nom. Bruyants, traînant devant vous sur le trottoir, se prenant en photo dans les églises, et attirant des structures touristiques énervantes. Par exemple, j’habite cet été non loin des Musées du Vatican. Chaque matin sur le trajet de mon travail, je dois slalomer entre des guides individuels qui interpellent les touristes en anglais et proposent une visite personnalisée à 40 euros.« Do you go to the Vatican Museum ? » « No, I’m going to work, let me freeeee ! »

7)      Le manque de courtoisie. Le service dans les restaurants et la gentillesse des caissières laissent souvent à désirer. Les gens rentrent dans la rame de métro sans laisser sortir les autres. La circulation des gens et des véhicules manque de fluidité et demeure un peu tendue. Un collègue qui habite la région depuis vingt-cinq ans affirme qu’il y a une certaine violence mentale, contenue, dans les rapports humains…

8)      Des rapports humains complexes. Au premier abord, les Italiens sont joviaux et sympathiques. Mais de là à établir une relation d’amitié durable, c’est plus difficile. A l’inverse, les liens familiaux sont très forts, ce qui forme des familles soudées mais aussi un peu repliées sur elles-mêmes.

[Rome J-7] Voyager, c’est changer deux fois

A une semaine d’un stage d’été dans la Ville éternelle, l’Urbs, on se trouve au seuil d’une expérience éprouvée par chaque  voyageur. En changeant de lieu, de pays, il changent également de regard sensoriel, et de représentations mentales.

« Quand on aime, il faut partir. » Ce paradoxe signé Blaise Cendrars peut surprendre. Quand on aime, ne faut-il pas rester, entretenir le fragile équilibre de l’attachement ? Au bout d’un mois de séjour à Strasbourg, j’avais envie de partir… pour revenir plus charmée ! La beauté délicate et sobre de cette ville ne me surprenait plus, ma rétine l’avait intégrée comme une norme. Je voulais partir pour m’en émerveiller à nouveau, y poser un regard neuf, renouveler cet amour. Stendhal ne dit pas autre chose : « Ce que j’aime dans les voyages, c’est l’étonnement du retour. »

De manière inversée, cette idée souligne combien arriver dans une ville, – qui si elle n’est pas d’un autre continent, incarne au moins un autre pays et une autre Histoire -, modifie notre perception. N’ayant voyagé que deux fois en Italie, quelques jours à Turin et quelques autres à Rome, je n’ai qu’effleuré ces lignes ocres, cette sécheresse chaleureuse, cette solarité entre vie et mort. Pour mieux cerner des sensations promptes à s’installer, il faut arriver, là, l’oeil surpris de tout. L’oeil mais aussi  le doigt, l’oreille, le nez.

Pendant ces deux mois d’été, je tenterai de vous décrire sur ce blog ces sensations et plus particulièrement ces odeurs, ces impressions fugitives qui frappent à certaines heures (midi, trois heures, minuit…). Odeurs et heures seront donc des lignes directrices, sinueuses.

Toutes ces impressions sont bien charmantes, me direz-vous, mais si notre regard n’est en effet pas toujours habitué au paysage méditerranéen, les représentations que nous avons de l’Italie nous empêchent-elles pas de quitter les sentiers battus, l’indissoluble tryptique « pâtes-pizzas-Colisée » ? Il est vrai. Regardez l’image en illustration de ce billet – quoique l’ombre laisse les idées en suspens.

Une Ville aussi complexe que Rome, qui semble comme autant de couches géologiques entasser les époques (Antiquité conquérante, papauté médiévale, splendeur baroque, fascisme mussolinien…), ne peut se réduire aux cartes postales éclatantes et aux parcours touristiques réducteurs. Il y a la vie, quotidienne et contingente, des habitants. Les Romains sont-ils écrasés, complexés sous le poids de leur propre passé ?  Car si tous les chemins mènent à Rome, tous ne permettent peut-être pas de la comprendre.

 

Strasbourg : étudier dans la vallée du Rhin à coût réduit

A la Journée des universités de Strasbourg (JU) les 2 et 3 février, un stand présentait les possibilités d’études à l’étranger. Le réseau Eucor, qui permet aux étudiants strasbourgeois d’étudier dans un ou plusieurs campus de 5 universités du Rhin, propose désormais une bourse de mobilité. 

Une seule carte d’étudiant pour cinq universités (Strasbourg, Mulhouse, Fribourg, Karlsruhe et Bâle, photo) : c’est depuis 20 ans le concept d’Eucor. Ce réseau permet de créer son parcours à la carte dans des universités d’Allemagne, de Suisse et de France. Il suffit des choisir des cours dans un projet cohérent, et de les faire valider par le correspondant Relations internationales de sa faculté.

« Le financement est souvent la barrière la plus importante pour des études à l’étranger, avec celle de la langue », déclare Lucie Gonin, dela Direction des Relations internationales de l’Université de Strasbourg (UDS). L’UDS propose une bourse de 100 euros par mois à chaque étudiant qui effectue au moins un semestre dans une des universités partenaires. Cette bourse est cumulable avec une bourse sur critères sociaux.

Elle ne l’est pas cependant avec une seconde aide de l’UDS, qui concerne les étudiants du réseau Eucor qui suivent un cours isolé ou étudinte une matière secondaire complète. Selon l’université et le nombre de déplacements, l’aide oscillera entre 16 et 40 euros par aller-retour. Il faudra bien sûr justifier de sa présence et de ses titres de transport.

250 universités partenaires

L’ouverture à l’international est évidemment un objectif qui s’étend au-delà de la vallée du Rhin. Si une étudiante demande au stand quels sont les échanges avec la Suisse, une autre, en 1ère S à Barr, déclare être « intéressée par les langues et la musique ». Elle n’a pas de destination favorite en tête, mais 250 universités hors d’Europe lui seront proposées, pour partir dès la deuxième année d’études. Dès la première année, elle pourra s’informer à la direction des Relations internationales de l’Université de Strasbourg, situé au Patio. Elle rejoindra les 900 étudiants de la fac qui partent chaque année pour de nouveaux horizons.

 

Donner à voir un édifice religieux

 

Jean-David Vernhes, ingénieur spécialisé dans les sciences de la Terre, fait partie de l’association CASA (Communautés d’Accueil dans des Sites artistiques), née en 1967. Elle regroupe des jeunes bénévoles qui accueillent les visiteurs pendant deux semaines l’été, dans une vingtaine d’églises parmi les plus emblématiques en France. Ils proposent des visites gratuites et adaptées au temps et aux attentes des visiteurs. Comment peut-on faire partager la beauté d un édifice ? Rencontre avec un guide chevronné.

Quels sites religieux avez-vous fait visiter ?

Depuis dix ans, j’ai eu l’occasion de faire des visites l’été à Conques (Aveyron, photo) par deux fois, à Beaulieu-sur-Dordogne (Corrèze), à Bourges, à Vézelay à deux reprises, à Bayeux, au Plateau d’Assy (Haute-Savoie), au Puy-en-Velay, à Cahors et à Saint-Benoît-sur-Loire. Je fais également partie de l’équipe des bénévoles chargés des visites de la cathédrale Notre-Dame de Paris pendant l’année, depuis cinq ans.

Qu’est-ce que la découverte d’une église apporte au visiteur ?

Je distinguerais deux types : le visiteur « Guide vert » et le visiteur « mains dans les poches ».

Le visiteur « Guide vert », muni du livre du même nom, est habitué à se rendre dans beaucoup d’églises. Il a le plus souvent une bonne culture générale. Pour lui, la visite du guide CASA sera l’occasion de recevoir un récit oral et vivant, plutôt qu’une lecture et une recherche hésitante des éléments évoqués. C’est un gain de temps pour lui : il va découvrir plus de choses pour une même durée. Le guide de l’office du tourisme apporte, de ce point de vue-là, la même contribution.

Et pour le visiteur « mains dans les poches » ?

Le visiteur « en tongs », ou « mains dans les poches » arrive sans avoir prévu de faire une visite guidée. Il apprend la possibilité d’une visite gratuite, en aperçoit une déjà commencée… et se décide. Ce que dit le guide est pour lui nouveau, souvent surprenant. Il affirme que sans la visite, il n’aurait rien vu, n’aurait pas su s’arrêter et regarder les détails. Par exemple, même lorsqu’on sait qu’il y a des chapiteaux dans une église (un chapiteau est une partie sculptée au-dessus d’un pilier), on les envisage dans leur ensemble, sans s’arrêter pour voir tel ou tel. Grâce à la visite, on découvre la signification d’un ou quelques chapiteaux précis. Dans une église (contrairement à un château par exemple), chaque élément est très signifiant. Ce sont des portes qui s’ouvrent à la compréhension du visiteur.

Pour ne pas rester dans un flou général, le guide suit une sélection d’éléments de l’église, qu’il a choisis. Il rend le visiteur attentif à une œuvre, afin de la regarder et de l’interpréter au niveau spirituel notamment ; cette dernière dimension, souvent considérée comme une chose d’ordre privée, est souvent mal connue. Elle est pourtant la plus haute clé d’interprétation de toute œuvre dans une église. Ce qui touche les gens, c’est quand ils voient que le spirituel est lié aux grandes questions de l’existence.

Et pour le guide, qu’est-ce que la visite apporte ?

D’abord, le guide doit se former grâce à de nombreux livres. Il va donc avoir une approche détaillée des choses. Il faut cependant faire le tri dans les informations ; dans ses lectures, il peut y avoir des « déchets », comme l’accumulation des interprétations d’une œuvre, parfois fantaisistes. Donner trop d’interprétations (« certains disent que », « d’autres que ») pour un motif sculpté par exemple, va perdre le visiteur. Quand il n’y a pas de réponse certaine, il vaut mieux évoquer celles qui paraissent les plus vraisemblables, et les plus justes.

D’autre part, être guide c’est être le premier bénéficiaire de ce qu’on offre au visiteur. Passer quinze jours dans un édifice ou auprès de lui n’est pas anodin. A force de regarder une œuvre, on s’en imprègne. Cela m’a permis d’enrichir ma réflexion et de nourrir ma foi catholique.

Par exemple, à l’abbatiale Saint-Pierre de Beaulieu-sur-Dordogne, sur les murs latéraux du portail, on observe deux scènes sculptées. La première est une scène de l’Ancien Testament, où le prophète Habacuc nourrit Daniel dans la fosse aux lions. La seconde vient du Nouveau Testament, et représente Jésus tenté par le diable dans le désert. Pour préparer ma visite, j’ai dû relire le passage de l’évangile sur les tentations de Jésus, pour m’impliquer dans la compréhension de cette sculpture réalisée avec les codes de l’art roman. Le souvenir de celle-ci me revient souvent quand j’entends cet évangile désormais. Ainsi, depuis le Moyen Age, l’Eglise se nourrit des mêmes Textes et se réapproprie les méditations qu’ils ont suscitées.

Dans l’association Casa, il y a aussi ce qu’apporte la « vie de communauté », puisque le guide retrouve le soir son équipe (de 3 à 7 jeunes) qui fait des visites sur le même site que lui. De quoi avoir de fructueux échanges.

Quel est votre meilleur souvenir en tant que guide ?

Celui qui est resté le plus fort remonte à 2003, à Bourges. Les vitraux du déambulatoire de la cathédrale y sont époustouflants et très proches des gens. Pour les montrer en étant mieux entendu, on a le dos aux vitraux et on regarde donc les visiteurs, aux visages éclairés par les taches de lumière. Ce jour-là, j’étais avec deux dames qui étaient sœurs, et le mari de l’une d’entre elles. Celui-ci se tenait en retrait, pensant sans doute que ces œuvres religieuses relevaient du folklore.

A un moment, nous étions devant le vitrail, au dessin très simple, du fils prodigue qui revient vers son père, après être parti à la dérive. L’homme s’est rapproché et tout en écoutant l’histoire, il a regardé le vitrail avec une émotion visible. Moi-même, j’ai eu du mal à ne pas en être profondément touché ! J’ai vu presque à mon insu que l’œuvre avait agi pour cet homme comme un écho spirituel, quelque chose qui a la puissance de convertir.

Quel est votre pire souvenir ?

Un des événements les plus difficiles a lieu pour moi à Vézelay, en 2010. Un homme, qui avait un peu l’air de découvrir ce qu’était une église, a demandé une « visite courte », d’une demi-heure. J’ai donc choisi ce qui me semblait le plus précieux. Au bout de dix minutes, devant un chapiteau, il a fait une réflexion qui a suscité entre nous une discussion un peu vive. Alors, il est parti ; cela a été pour moi un grand échec.

Un problème récurrent qui se pose est le moment où un visiteur rentre dans l’église avec un comportement inapproprié : une casquette, un chien ou une glace. On doit lui rappeler le respect que nécessitent l’édifice religieux et les autres visiteurs. Il y a semble-t-il une contradiction entre notre attitude ferme à ce moment-là, et notre vocation d’accueil. Bref, c’est une tâche un peu ingrate, mais je l’estime néanmoins importante.

Un mot pour finir ?

Je voudrais faire une comparaison entre l’association CASA et le « Parvis des gentils », cet événement qui a eu lieu à Paris en mars dernier à l’initiative de l’Église – un ensemble de conférences et débats, des occasions d’échanges entre croyants et non-croyants. Peut-être cela n’a-t-il pas été assez spontané, trop téléguidé pour que ça marche comme on le souhaitait.

Or, ce dialogue entre croyants et non-croyants se vit à CASA de façon discrète, entre guides et visiteurs, et entre les guides eux-mêmes en dehors des visites. Tous les guides ne sont en effet pas chrétiens convaincus, le recrutement est très ouvert. Un bel exemple de Parvis qui ne dit pas son nom !

L’association CASA en chiffres

Nombre de guides en 2010 : environ 130, âgés de 18 à 35 ans.

Sites. Une vingtaine de sites chaque été, de Brancion (Bourgogne) avec quelques milliers de visiteurs par an, à Notre-Dame de Paris, qui compte 12 millions de visiteurs chaque année.

Et les pourboires ? Les guides CASA sont bénévoles et ils reversent leurs éventuels pourboires à l’association. Le don le plus important que Jean-David ait reçu venait d’un couple d’universitaires américains en visite à Vézelay, qui lui ont donné 150 euros. Le plus souvent, les visiteurs donnent entre 5 et 15 euros. De quoi financer la formation des guides !

Site : http://www.guidecasa.com/

Gérone gère (presque) comme Rome

Grande ville de la Catalogne espagnole, Gérone (Girona en catalan, Gerona en castillan) est une cité fort ancienne. Plusieurs fois assiégée par la France, elle fait finalement partie de l’Espagne. Le vieux quartier, la cathédrale Santa Maria qui conserve la plus large nef du monde après Saint-Pierre de Rome, sont autant de richesses. Sans compter cette précieuse information venant de Wiki :  selon plusieurs enquêtes publiées dans les magazines d’information générale, Gérone est considérée comme la ville où il fait le plus bon vivre en Espagne. Voici quelques-unes de mes prises de vue.

 

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Paisiello et Bonaparte – Musique italienne

Saviez-vous que Napoléon Bonaparte, comme premier consul, avait une chapelle privée ? Et un compositeur à cet effet ? Pour ma part, non, jusqu’à ce que je le lise il y a un instant. Giovanni Paisiello (1740-1816) est d’abord un compositeur italien, dans la suite de ceux que nous découvrons sur ce blog depuis quelque mois. Avec lui, nous grignotons sur le XIXe siècle, assez riche en bouleversements musicaux.

C’est justement le chevauchement troublé entre deux siècles qui fait de lui un homme chevauchant au gré des régimes. Il commença comme compositeur de musique religieuse, puis d’opéra dans le royaume de Naples. Puis la grande Catherine, soucieuse d’occidentaliser sa cour, l’appela à la rescousse, et il finit par devenir son maître de chapelle. Il y écrivit Il barbiere di Siviglia en 1782 ; vous l’aurez compris, à partir du même Barbier de Beaumarchais écrit sept ans plus tôt, en 1775. Rossini lui fit d’ailleurs une post-concurrence avec son propre Barbier en 1816.

Laissant les deux barbus se quereller, revenons à notre Giovanni, qui, sorti des neiges slaves, passa à Vienne en y composant moult symphonies et un opéra. Revenu à Naples, fut nommé maître de la chapelle du roi, et même musicien de la nation. Fort de ce CV inégalable, après deux ans de chômage, il fut embauché par Napoléon Bonaparte en 1801. C’est ici le moment d’écouter le Tantum ergo qu’il composa pour la chapelle du premier consul. Il écrivit également un Te Deum et une messe pour le sacre de Napoléon. Remarquons qu’il aimait sans doute beaucoup sa femme : c’est parce que celle-ci ne supportait pas le climat français (quelle idée !) qu’ils quittèrent Napo et ses fastes. Enfin, il ne survécut que peu de temps à son décès.

Pour quelque chose de plus gai, on peut écouter ici un air d’un de ses opéras, Nina O Sia la Pazza per Amore : Nina, la Folle par amour ; ça commence bien. Mais je n’en sais pas plus sur l’intrigue…

Ci-dessous, Paisiello peint par Elisabeth Vigée-Lebrun en 1791.

 

Iconoclasmes

Avant de parler de rentrée et de choses bien sérieuses, voici quelques images prises pendant la trêve estivale, que j’ai essayé de choisir parmi les plus insolites ou les plus belles.

 

 

Centre d’information et de recrutement de la gendarmerie de Caen. Apparemment très ancien…

 

Ombre et lumière à la basilique de Vézelay (Yonne).

 

« Oh, la belle multicolore ! » (Hermanville-sur-mer, Manche)

 

 

Hirondelles aux Grangettes (Doubs).

 

Toute l’élégance du gothique, à la cathédrale de Coutances (Manche).

 

Trèfles à trois feuilles en forme de coeur dans la forêt domaniale de Levier (Doubs).

 

Ceci n’est pas une oeuvre d’art contemporain, mais un tiramisu aux spéculoos et fruits rouges.

 

 

Montgolfières et basilique. (Vézelay, Yonne)

 

Musique italienne – Galuppi

Baldassare Galuppi (1706-1785) devint en 1762 le maître de la chapelle musicale de Saint-Marc de Venise. Lui qui avait pourtant appris la musique avec son père, violoniste amateur, il fut un modèle pour nombre de ses contemporains, notamment Carl Philipp Emanuel Bach (le deuxième fils de Jean-Sébastien), qu’il rencontra à Berlin, et Joseph Haydn. Catherine II de Russie le nomma compositeur de la cour à Saint-Pétersbourg en 1765.

Appartenant encore au mouvement baroque, son oeuvres compte une douzaine d’opéras, bon nombre d’oeuvres religieuses, et toutes sortes de sonates, essentiellement pour clavecin. A écouter ici, un album de ses concertos, cette forme musicale née en Italie et composée de trois mouvements (souvent vif, lent, vif).

Personnellement je préfère les mouvements vifs (« allegro »), où l’exubérance baroque vénitienne est en fête, dans la continuité du grand Vivaldi.