Un bébé est-il plus instructif qu’un cours de philo ?

(c) Pascal Campion

(c) Pascal Campion

« Arheu » : tel est le maître-mot dans la vie avec un bébé. On peut déplorer l’appauvrissement de la vie intellectuelle du parent. Il a moins de temps qu’avant pour lire une analyse politique ou un roman de Balzac, et c’est dommage ! Pour autant, si le bébé ne dispense pas un savoir, il apprend à son père et sa mère de nombreux enseignements sur la vie.

Il montre que le temps peut être riche de très petits et très importants événements (voir le billet précédent). Qu’il faut vivre dans le présent, sans regretter ni s’inquiéter. Il apprend que le temps partagé – en l’occurrence câlin ou jeu – n’est jamais du temps perdu. Il apprend la confiance et l’abandon, la gratuité. Il développe la patience. Petit lutin, il apprend combien la vie est fragile et précieuse (on en parlait ici). Il fait prendre conscience du caractère abstrait et donc parfois vain de la pensée intellectuelle. Car il fait apparaître la différence entre le savoir et la sagesse de l’adulte. Entre quelqu’un qui brille par ses connaissances ou qui rayonne par son discernement.

Le bébé relie au réel, au contingent, à l’imperfection, à l’effort, à l’amour. Il confronte les parents à leurs limites. Il élargit le cœur, filtre l’intelligence, adoucit la volonté. Du haut de ses quelques mois, il dispense bien plus qu’un cours de philo ou qu’une réflexion sur l’existence : un feu d’artifice de vie humaine.